Juin-juillet-août
2010
Voilà
l'été!
Oui, voilà l'été et les longs voyages sur les jolies routes françaises...
Le moment de décompresser et de se changer les idées en admirant les
paysages de l'Hexagone. L'auteur de ce site s'autorise une longue pause
en raison de plusieurs projets, dont certains sont étroitement liés
à la route blanche... On en reparlera!
Pour vous "aider" à patienter toute la belle saison (!), Sur
ma route vous propose une longue promenade sur l'une des nationales
les plus atypiques de ce pays, la N73
historique, qui, avant de traverser les plaines de la Saône et de la
Loire passe un bon bout de temps au milieu des vallons du Sundgau, des
monts jurassiens et des vignobles de la Bourgogne... Un superbe périple
d'environ 400 kilomètres, nous indique l'Atlas des grandes routes
de France Michelin de 1959...
Autre route mythique et nettement plus fréquentée, la N7 refait
parler d'elle grâce à Thierry Dubois. Plusieurs années après un premier
ouvrage sur le sujet, cet auteur et dessinateur bien connu des "nostalgiques"
de la route publie chez Drivers un nouveau
livre consacré à la nationale 7. Il a bien voulu répondre à nos
questions... Cette publication est passionnante à plus d'un titre: on
y trouve de nombreuses photos inédites ainsi que de nouveaux dessins
de l'auteur, qui montre-là un talent véritable à nous remettre en mémoire
les années épiques de la route Paris-Côte-d'Azur!! Merci à lui!
Enfin, de nombreuses informations nous prouvent que le temps du
petit patrimoine routier qui reste encore en place au bord de nos chaussées
est bien compté. Les destructions de panneaux Michelin et les ravalements
de façades sont légions, du nord au sud du pays. Alors, à vos appareils
photos (argentiques ou numériques)...
Bon(s) voyage(s)!!
Marc Verney
Auteur du site
Avril-mai 2010
Un
bis pour le numéro 5!
Nous
voici à nouveau sur le trajet de la route blanche ce printemps...
Plusieurs portions du trajet Paris-Genève ont porté le numéro 5 bis
entre Brie-Comte-Robert, Melun, Fontainebleau et Montereau.
Dans l'Yonne, la boucle, de Sens à Saint-Florentin par Villeneuve-sur-Yonne
et Joigny a porté un temps le numéro 5 bis jusque dans les années 40
(pour être ensuite remplacé par le n°6)...
L'itinéraire emprunte l'un des anciens chemins de poste Paris-Dijon
avant qu'il ne soit décidé d'ouvrir une voie plus directe par Cerisiers
et la forêt d'Othe...
L'occasion est belle pour aller visiter sur 53 kilomètres quelques jolies
cités de la vallée de l'Yonne...
Nouveauté, cette courte promenade est agrémentée de conseils
aux voyageurs et d'informations touristiques sur les endroits traversés.
Finalement, c'est un peu le sens de ce site... Vous donner envie de
prendre la route et de déguster les paysages, n'est-ce pas la finalité
de tout ce travail??
Marc Verney
Auteur du site
Mars 2010
Désirs
de printemps, de beau, de nouveau...
En
1959, la route nationale 60 reliait Châteauneuf-sur-Loire (non loin
d'Orléans) à Toul en passant par Montargis, Sens et Troyes. Ce bel
axe transversal croisait la RN5 (route blanche) à la hauteur
de Sens et partageait avec elle quelques kilomètres de bitume jusqu'au
carrefour du Petit-Villiers. La nationale 60 historique nous rappelle
un gros morceau de l'histoire de France: la route relie Orléans, ville
délivrée par Jeanne d'Arc en mai 1429 à la région de Vaucouleurs, où
Jeanne, débarquée un an plus tôt de Domrémy, son village natal tout
proche, est venue raconter ses visions à Robert de Baudricourt. Celui-ci
lui donna par la suite une escorte pour aller voir le roi de France...
On connaît la suite! Du coup, voilà que ce bout de macadam transversal
prend une toute autre allure... Sur ma route vous propose donc de remonter
le temps, et de faire un voyage jusqu'aux "sources" de l'épopée de la
Pucelle d'Orléans... Pas mal pour entrer dans le printemps, non?
"No parking, no business"
Dès les premières minutes de vie du site Sur ma route nous
avons été confrontés à cette "chose" tentaculaire qu'est la banlieue
commerçante... Un très intéressant dossier sur le sujet a été publié
dans le magazine Télérama du 13 février dernier. Il en ressort
que, dans les années soixante, "l'empire du hangar", comme le
dit joliment l'hebdo a très rapidement pris le dessus sur toute autre
forme de développement urbain sous la pression d'architectes, d'entrepreneurs
et d'ingénieurs qui n'ont souvent pour seule ambition que de rattraper
le "retard" pris à l'époque par la France en matière de liaisons rapides
et de modernisme made in USA...
Le tout voiture devait être le modèle à venir: un habitat de
lotissements relié aux centres commerciaux et aux zones d'activité où
l'homme ne peut se déplacer qu'en véhicule motorisé... Appliqué aux
vieilles cités françaises parfois encore entourées de leurs murs féodaux,
ce modèle allait finalement vite se montrer désastreux sur le plan environnemental
et social.
"L'urbanisme raconte ce que nous sommes, dit encore Télérama.
Le Moyen-Age a eu ses villes fortifiées et ses cathédrales, le
XIXe siècle ses boulevards et ses lycées. Nous avons nos hangars commerciaux
et nos lotissements"...! Aujourd'hui, cette dégradation de l'espace
se poursuit sur fond de guerres commerciales entre enseignes rivales,
de crise du logement, de spéculation foncière qui détruit les meilleures
terres agricoles...
Comment désormais retrouver le goût de la cité, du vivre-ensemble??
Il y a urgence. La banalisation et l'uniformisation de nos paysages
est désormais une réalité. De ville en ville, les mêmes zones laides
et inhumaines... La solution? Pour l'architecte David Mangin, c'est
la ville hybride, métissée, où commerces, habitat et activités se juxtaposent
sans s'opposer, où la culture retrouve une place centrale... A ce propos,
un chiffre amusant: il y a désormais 30 000 ronds-points en France,
soit la moitié du total mondial... On n'a pas fini de tourner en rond
dans cette civilisation en tôle ondulée...
Marc Verney
Auteur du site
Février 2010
Apologie
du voyage lent...
Voyager
lentement, quelle idée loufoque... Découvrir un pays grâce à ses
voies de communication, quelle étrangeté...
Deux informations parues dans le quotidien Libération entre fin
2009 et début 2010 ont fait "tilt" dans mon esprit.
Il s'agit tout d'abord de l'initiative de la chaîne de TV norvégienne
publique NRK2 qui a diffusé un gigantesque documentaire de 7 heures
sur les 100 ans du Bergensbanen, le train qui relie Bergen à
Oslo sur une distance de 496 km.
Imaginez un documentaire sur le Mistral en prime time
sur France 2!!! Et l'émission a été un énorme succès: un quart de la
population a voyagé -minute après minute- avec les caméras de NRK2 sur
la ligne qui traverse, nous précise Libération (16-17 janvier
2010) les montagnes enneigées "où ont été tournées des scènes de
la planète glaciale Hoth, dans Star Wars, épisode V: l'Empire contre-attaque"...
Et la télé norvégienne ne s'est pas arrêté en si bon chemin... L'intégralité
du contenu est à télécharger librement sur internet (lire)...
Mis en ligne sous la licence Creative Commons, le film est totalement
libre de droits, si bien que chacun est totalement libre d'en faire
ce qui lui plait...
Autre type de voyage lent... ce fabuleux travail réalisé dans
les Alpes-de-Haute-Provence par l'artiste britannique Andy Goldsworthy...
L'homme a placé sept "refuges d'art" et trois "sentinelles" sur un magnifique
sentier montagneux culminant à 1600 m d'altitude pour une randonnée
de près de 150 kilomètres de long!!
L'information a été publiée dans le Libération des 14 et 15 novembre
2009. Il n'est là pas question d'automobile ni d'un quelconque véhicule...
Mais juste de marcher, de souffrir un peu pour découvrir ce mariage
entre art et nature. Et si voyager, c'était aussi aller là où l'oeil
nous porte?
Libération cite un érudit humaniste du XVIIe siècle: "Ambulo
ergo sum" ("Je marche donc je suis") avait-il écrit à Descartes...
Bonne fin d'hiver!
Marc Verney
Auteur
du site
(éditos précédents)