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On sort de Mâcon par le pont Saint-Laurent sur la Saône. Celui-ci,
fierté de la ville, est très ancien. Constamment remanié et rebâti,
ses premières pierres datent très certainement du XIe siècle (existence
attestée en 1077). Mais le passage, ici, avait déjà été organisé
à l'époque romaine avec -sans doute- un pont de bois jeté sur les
eaux de la Saône. L'ouvrage du XIe siècle ne comporte, au départ,
que six arches; le reste du chemin franchit les eaux vaille que
vaille avec des gués d'île en île jusqu'à la rive gauche. C'est
au XIVe siècle, lit-on dans l'Histoire de Mâcon et du Macônnais,
que le pont est achevé; il comptera jusqu'à quinze arches.
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RN6:
la route des Alpes
Entre Chalon et Mâcon, la route nationale 6 longe
la belle rivière Saône. C'est aussi une des plus
belles régions vigneronnes de notre pays. A déguster
modérément!! (lire) |
Les
quais de la ville ont eux, été achevés à la fin du XVIIe siècle.
Ils supportent aujourd'hui encore le trafic de la route Paris-Lyon
par la Bourgogne, l'ancienne
nationale 6. Intéressant: dans les années trente, Mâcon est
une étape pour les gros hydravions de la compagnie britannique Imperial
Airways. Les gigantesques machines de la ligne Londres-Athènes-Alexandrie
se servent de la Saône comme piste d'atterrissage alors que les
passagers descendent à l'Hôtel d'Europe et d'Angleterre.
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| Le
pont sur la Saône à Mâcon. Son existence
est attestée dès 1077. Photo: EF, juillet 2011. |
Le
chemin de Bresse atteint Saint-Laurent, de l'autre côté de la
rivière. Mais, avant d'entamer la longue ligne droite vers Bourg-en-Bresse,
la RN79 historique franchit le canal de contournement de Mâcon.
Celui-ci, déclaré d'utilité publique en novembre 1986, a été creusé
par la Compagnie nationale du Rhône pour préserver l'ancien pont
Saint-Laurent, inscrit à l'inventaire des monuments historiques
depuis le 6 juillet 1987. La levée sur laquelle se trouve la chaussée
autour de Saint-Laurent a été réalisée en 1735. C'est un ouvrage
qui désenclave totalement la Bresse: sur 2500 m, bordé de saules,
il autorise la circulation, y compris durant les plus hautes eaux
de la Saône.
Une voie romaine secondaire rejoignait Bourg mais la route
moderne, nous raconte l'ouvrage Bourg de A à Z, date du XVIIIe
siècle. C'est un arrêté du roi Louis XV en date du 27 octobre 1733
qui autorise les Bressans a ouvrir l'axe Bourg-Mâcon. La chaussée
sera projetée en 1752 et ouverte en 1759. Les ingénieurs feront
construire pas moins de 44 petits ponts pour passer cette zone,
fort humide. Il y a un peu plus de trente kilomètres en quasi ligne
droite jusqu'à la jonction, au Guidon, de la RN79 d'antan (D979
aujourd'hui) avec l'ancienne N75
Tournus-Sisteron (D975 aujourd'hui). Là, a été installé en 1972
un toboggan routier de 210 m ayant déjà servi sur la N6 à Tournus.
Nous sommes ici un peu au nord de Bourg-en-Bresse.
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RN75:
la "grimpée" des Alpes
C'était,
dans les années soixante, la route des Parisiens se précipitant
dès les premières neiges à l'assaut des stations de ski des
Alpes... (lire) |
Bourg
(prononcer "Bourk", nous dit le Guide Bleu!) est située
sur le versant de la rive gauche de la rivière Reyssouze, à huit
kilomètres des premiers plissements du Jura. La ville est traversée
en 1959 par trois grandes routes, les RN75
Tournus-Sisteron, RN79 Nevers-la Suisse et RN83
Lyon-Strasbourg. C'est donc une importante ville-étape qui possède,
à quelques encablures de son centre, une des merveilles architecturales
du pays, l'église gothique de Brou (voir RN75).
La cité, qui devient Bourg-en-Bresse en 1955, comptait
donc de nombreuses auberges, dont certaines sont décrites par Maurice
Brocard, historien de la ville, comme le Logis du Griffon d'Or,
où fit étape Voltaire, lors de son dernier voyage de Gex à Paris
en 1778, l'auberge A la descente des Lyonnais (XVIIIe siècle),
qui, comme son nom l'indique recevait les voyageurs venus de Lyon...
ou bien encore, place Joubert, l'auberge de Montaplan, dont
le nom évoquait le sommet de la côte de Monte plan, où soufflaient
les attelages ayant gravi la rue Teynière. Enfin, dans le quartier
Crêvecoeur, voilà l'un des plus anciens logis, l'Hostellerie
de la Corne de Cerf (1464), proche des murailles de la ville
et qui a reçu de nombreuses personnalités dans des chambres aux
murs peints en fonction du client (par exemple, violet pour les
religieux!).
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| Quelques
kilomètres après Bourg-en-Bresse, ce relais vantait
les bons produits de la région. L'édifice, est,
hélas, en ruine. Photo: MV, juillet 2011. |
Plus
tard, à l'époque automobile, Bourg vit naître -en 1932- le Garage
rouge, célèbre pour sa conception révolutionnaire: un gigantesque
hall avec une charpente en bois "lamellé-collé", la première en
France. Un an plus tôt, ce garage aura parrainé, avec Citroën, la
pose de plaques indicatrices dans la ville. Après avoir traversé
la Reyssouze, la route prend la direction du Jura et laisse partir,
à gauche, la route de Lons (ancienne N83)
sur la place du Revermont (ainsi appelée en 1961).
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Strasbourg,
Lyon,
par la RN83
Voilà
une route qui sillonne l'Est de la France à flanc
de collines: Jura, Doubs, Vosges... On n'oubliera pas non plus
les vignobles qui s'étalent de part et d'autre du bitume...
Une route de gourmet? Cliquez sur la ville que vous voulez aller
visiter... |
C'est
encore une longue ligne droite (désormais entrecoupée d'énervants
rond-points) qui nous fait observer, au loin, les premiers contreforts
du Jura. Didier Jungers, dans son ouvrage Bourg-en-Bresse et
le Revermont peut ainsi écrire: "Du côté de Bourg, le Revermont
domine franchement la plaine de la Bresse, de 200 à 300 m en moyenne,
avec un point culminant à 771 m. En son centre, la vallée du Suran
vient calmer le jeu de ces chaînons qui se bousculent depuis la
Suisse". Les carrières de pierre qui y furent creusées ont fourni
une bonne partie des pierre de l'église de Brou, mais aussi de la
gare Saint-Charles de Marseille et du pont du Mont-Blanc sur le
Rhône à Genève...
Le bourg de Ceyzériat, au pied des monts, remonte aux plus
anciens temps. La voie, qui longe le Revermont fut longtemps utilisée
par les Romains mais la route royale en provenance de Bourg ne fut
réalisée qu'à partir de 1733. Et c'est en 1769, que l'on établit
une liaison régulière entre Bourg et le Revermont. Beaucoup plus
tard, nous raconte l'historien André Game, le conseil municipal
décide, en 1910, d'installer cinq plaques réglementant la vitesse
dans les rues. En 1923, elle était toujours limitée à 15 km/h, car
il n'y avait pas de goudron sur la chaussée... De nos jours, pour
réduire la vitesse des excités, on installe les fameux et peu confortables
"gendarmes couchés"!
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| Sur
la RN79 historique, peu avant de "plonger" en direction
du pont de Serrières-sur-Ain. Photo: Marc Verney, juillet
2011. |
Voilà
maintenant que la route grimpe fortement pour "escalader,
nous dit le Guide Bleu 1961, le premier chaînon du Revermont
en contournant par le sud le mont July". La route "atteint
398 m au col de Senissiat, puis redescend vers le Suran en laissant,
à droite, la forêt de Bohas". Le projet d'une route rejoignant
Nantua par le Revermont a été présenté en octobre 1756. L'axe n'était
alors qu'une simple route provinciale, à peine praticable. L'idée
était "d'escarper les rochers dans la côte de Serrières, sur
une longueur de 350 toises (1 toise = 1, 94 m, NDR), une
largeur de 4 toises et une hauteur de 3 toises, le tout pour 4200
livres" (texte d'époque).
Mais il fallait surtout, après Hautecourt-Romanèche, passer
l'Ain. Jusqu'alors traversée par bac, la rivière est franchie à
Serrières par un pont suspendu réalisé en 1834. M. Poret, ingénieur
à Lyon, projette un ouvrage de 66 m de long en une seule portée,
large de 5,50 m et surplombant de 3 m les plus hautes eaux. L'ouvrage
L'Ain des grands ponts indique que le péage prélevé sera
supprimé en 1860 et que ce pont sera restauré en 1901, 1933 et 1940.
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| La
vallée de l'Ain, vue depuis le pont de Serrières-sur-Ain.
Photo: Marc Verney, juillet 2011. |
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| Juste
à côté du pont, ce vieux "Relairoute
du Mont-Blanc" nous montre que la RN79 était aussi
choisie par les touristes pour aller skier en Savoie. Photo:
Marc Verney, juillet 2011. |
La
dernière restauration de 1940 se tiendra avant et après la débâcle
militaire de la France: on retirera du pont le vieux tablier en
bois pour le remplacer par un ensemble de béton. En 1960, un projet
de barrage sur l'Ain vient ruiner l'ancien trajet. Une bonne partie
de la vallée est engloutie et il faut faire passer la route plus
haut. Le nouvel ouvrage, en béton armé, est constitué d'une arche
centrale de 112,50 m d'ouverture. Il supporte une chaussée de 9,30
m de large. Dès lors, la RN79 historique, nous dit le Guide Bleu
1961, "s'élève en lacets jusqu'au col du Berthiand à 755 m d'altitude".
C'est vrai qu'en 2011, la montée est toujours aussi rude -même si
le trajet a été largement réaménagé- et tout autant que la descente,
par la suite, vers Nurieux, dans le bassin de la Cluse. Le pont
de ce village est réalisé, à partir de 1761, avec des blocs de pierre
arrachés à la montagne, lors du creusement de la montée de Serrières.
Nous voici maintenant dans la plaine qui mène au bourg de
la Cluse, quartier du village de Montréal. Un dernier pont (trois
arches en arc surbaissé) sur l'Ange est construit en 1788 sur la
route royale Nevers-Genève par un maître tailleur de pierre de Nantua.
L'amélioration des communications, à la fin du XVIIIe siècle, fait
de la Cluse, un carrefour routier de première importance: deux relais
sont installés, l'un, sur les routes de Lyon et de Bourg, l'autre,
sur la route de Saint-Claude. L'arrivée de la D979 sur la D1084
Lyon-Genève (anc. N84)
marque la fin de notre périple sur la nationale 79 historique.
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RN84:
se défiler sur Genève!
Suivez la route nationale 84, la route Genève-Lyon par
Bellegarde, Nantua, Pont-d'Ain... Du Jura majeur au tonitruant
Rhône... faites le plein d'émotions sur bitume!! (lire) |
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| Nantua,
de l'autre côté du lac, se trouve sur la nationale
84 historique en direction de Bellegarde et Genève. Photo:
Marc Verney, octobre 2010. |
Marc
Verney, Sur ma route, décembre 2011
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