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Les précédents éditoriaux
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Juin 2008
2 CV = 60 ans = révolution lente...

La légendaire 2 CV Citroën a célébré en mai 2008 ses 60 ans... Voilà un anniversaire que le site Sur ma route ne pouvait pas laisser passer...

Passé l'âge -encore officiel- de la retraite, la deudeuche, la deux pattes, suscite toujours autant la curiosité lorsque l'on en voit rouler une le long des anciennes nationales...

Ah, évidemment, pour les fondus de la vitesse (130 sur autoroute, 90 sur route...) ce n'est pas le genre d'automobile que l'on va utiliser pour faire un Paris-Marseille en une journée...

La 2 CV, c'est avant tout un mode de vie, plutôt lié aux vacances, à l'insouciance et à la lenteur...
bref, toutes choses un peu hors sujet en ces temps de "travailler plus pour gagner plus"...

Une voiture définie par son initiateur, le PDG de Citroën Pierre Boulanger, comme "quatre roues sous un parapluie avec quatre places assises, légère mais capable de transporter 50 kg de bagages, 2 CV fiscaux, traction avant, 60 km/h en vitesse de pointe, possédant une suspension permettant de traverser un champ labouré avec un panier d'oeufs sans un casser un seul"... ne peut apparaître que fortement sympathique!!!

Dans un papier bien roulé, Emmanuèle Peyret, dans le journal Libération (31 mai/1er juin 2008) a interviewé des propriétaires de 2 CV. Voici ce que raconte Matthieu, trente ans, webmestre d'un site consacré à sa favorite: "Moi, j'aime particulièrement les voyages en 2 CV, car c'est relativiser les principes de notre société actuelle et se replonger dans la société d'avant 70. On reprend goût au voyage lent, à l'époque où l'on était en vacances dès que l'on était assis dans sa voiture et pas seulement parvenu à destination"... Cela ne vous rappelle rien??

Nous n'avons pas utilisé de deuche pour escalader les pentes des monts d'Auvergne mais voilà une balade sur la N9 "historique" tout à fait ravigorante effectuée en été 2007 et finalisée en avril 2008. Ce qui nous a notamment fait connaître Saint-Flour sous la neige de printemps...

Traversant Limagne, Margeride, Gévaudan, Larzac, Languedoc, la route nationale 9 est l'une des principales voies menant au Sud. Plus roots que la N7, plus sauvage que la nationale 20, voilà du bitume-plaisir... avec les plus beaux paysages de France sous le nez!

Marc Verney
Auteur du site


Mai 2008

Le Jura nouveau est arrivé...

C'est comme les hirondelles... A chaque printemps, je fond sur les routes jurassiennes comme le bédouin sur le point d'eau!! Oh, ce n'est pas le Massif central, et ses immenses étendues se déroulant avec majesté au pied des volcans (on le verra dans un mois sur ce site!), ce n'est pas non plus le formidable balcon alpin, contourné avec furie par le Rhône impérial...

Non, pour le Jura, je n'utiliserai pas tous ces mots ronflants et -parfois- un peu boursouflés... On est ailleurs. Dans une nature étincelante. Splendide de simplicité: parmi ces 1001 sources qui jaillissent à flanc de rocher, se faufilant parmi les mousses... Ou bien au coeur de ces forêts, bâties d'épicéas romantiques qui répandent leur coiffe d'épine jusqu'au ciel capricieux...

Oui, il faut aimer également les monts du Jura quelle que soit la météo... Savoir patienter, même au coeur de l'été, des heures et des jours sous ces trombes aquatiques qui font renaître cascades et torrents...

Et puis d'un coup, tout est oublié, l'apothéose d'un arc-en-ciel sur les sommets du Haut-Jura, le passage, devant vous, à peu de pas, d'un chevreuil malicieux, la goutte d'eau où se mire le joli papillon bleu... C'est dans cette région, de-ci et de-là, que l'on peut avoir, encore au XXIe siècle, ces émotions simples de voir la nature à l'état pur.

Il suffit de délaisser son véhicule, d'enfourcher son vélo, de passer ses chaussures de randonnée, et de suivre les multiples sentiers de randonnée balisée... Pour ce mois de mai, voilà deux routes qui vous permettront d'amener votre voiture au plus près de toutes ces merveilles.

La nationale 78 tout d'abord. Liant Nevers dans la Nièvre à Saint-Laurent-en-Grandvaux dans le Haut-Jura, nous nous intéresserons bien évidemment à sa partie ultime, entre Saint-Laurent et Lons, serpentant au coeur de la petite montagne et du pays des lacs, les deux bijoux de la chaîne jurassienne. Ses habits rouges lui ayant été ôtés en 2007, il est bon de lui rendre un bel hommage... d'autant plus que s'égrenaient, tout au long de son bitume tournoyant, de nombreux vestiges de son passé routier!

Deuxième route empruntée, la nationale 84 Genève-Lyon, qui visite une partie méconnue du département de l'Ain et traverse les ultimes contreforts du Jura, peu avant de croiser le chemin de l'un des plus belles rivières frnaçaises: l'Ain. Là aussi, l'axe a été récemment déclassé. Cette ancienne nationale était jusqu'à peu l'un des royaumes du panneau Michelin... On verra que cette route désormais délaissée a encore de beaux restes!!

Pour finir, ce site qui présente l'un de mes plus fidèles compagnons estival, le magazine bisontin En vadrouille, jusqu'à présent publié chaque été entre 2003 et 2007. Celui-ci, avec humour et décontraction, nous emmène dans des promenades pédestres régionales et thématiques toutes plus originales les unes que les autres... Merci confrère!!! Vous me trouvez lyrique, peu objectif...? Allez voir!!

Marc Verney
Auteur du site


Avril 2008

Notre patrimoine est vraiment en péril...

Il n'y a pas que la route. Partout, et dans de nombreux domaines nous sommes en train de perdre la mémoire... Nous laissons détruire et s'abimer ce qui sera peut-être aussi l'atout majeur de notre pays dans les années à venir... ce petit patrimoine économique, social... qui subsiste à côté de nos usines biotechnologiques et de nos zones de création multimédia qui n'auront pas été délocalisées...

Il ne s'agit pas de transformer la France en parc à thème façon Amélie Poulain et les Français en gardiens de musée... mais on voit bien se développer, en parallèle aux grandes transhumances organisées de "l'Europe en sept jours" un tourisme plus axé sur la vie de tous les jours, sur les objets de notre existence quotidienne...

les personnes qui s'adonnent à ces nouveaux loisirs, c'est vrai, me ressemblent un peu, des trentenaires ou des quadra un peu atypiques qui veulent croire qu'il y a une vie -vraie!!- derrière l'image de la Tour Eiffel qui se dresse dans le ciel de Paris, ou à côté du Mont-Saint-Michel...

Ces gens ne peuvent qu'être attristés par les nouvelles qui leur parviennent de nos côtes. Oui, qui n'a pas été ému, un soir, face à l'île d'Ouessant, en voyant s'allumer, les uns après les autres les grands phares qui, depuis des années, guident les navires vers le port le plus proche...

Eh bien, ces grands et beaux phares, qui font l'honneur de notre pays, ils sont dans un état lamentable. Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises dresse un bilan "alarmant" dans un récent numéro du magazine Chasse-Marée. "Le superbe plafond en boiseries en ogive de la salle de veille du phare de la Vieille s'effondre sous l'attaque de l'humidité, quant au mythique phare d'Ar Men sur l'île de Sein, l'intérieur est (également) ravagé par l'humidité", le constat de ce passionné de patrimoine est terrible...

Lorsque l'on connaît un peu l'histoire qui a mené à la construction de ces majestueux vaisseaux de pierre, signaux des mers, bâtis contre vents et marées, au prix de souffrances et de vies humaines, on est peiné de voir le peu de cas que l'administration actuelle fait de ce grave problème.
Interpellé par des journalistes de l'Agence France Presse, le service des phares et balises du ministère chargé de l'Equipement s'est refusé à tout commentaire...

Marc Verney
Auteur du site


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