![]() |
![]() |
|||||||||||||||
Quelques mots sur la documentation utilisée: cartographie, Atlas des grandes routes de France (Michelin, 1959), N°511 Nord, Flandres, Artois, Picardie (Michelin, 2003), Guide Bleu Picardie (Aisne, Oise, Somme), Hachette, 1993, Le guide du Boulonnais et de la Côte d'Opale, Dominique Arnaud (éd. La Manufacture, 1988).
Beauvais,
une des plus anciennes villes de France, a connu une histoire originale
et tourmentée. Les événements anciens et récents, parfois glorieux,
souvent douloureux, ont créé des liens de solidarité, des souvenirs et
des traditions ancrés dans la mémoire collective. C’est ainsi que s’est
formée l’identité des Beauvaisiens. la mairie est sur Internet... (le
site) |
Belles
routes de France...
|
|||||||||||||||
Le début de la N1 se situe à Paris, porte de la Chapelle. Jusqu'à Calais, on suivra en partie l'itinéraire de l'antique chaussée Brunehaut (*). Après le passage sous le périph', le macadam de la route s'extirpe de la petite ceinture parisienne et file, absorbé par l'imposante autoroute A1 vers Saint-Denis, ville dans laquelle se trouve la sépulture des rois de France, une cathédrale construite sur les ruines d'un monastère fondé par le bon Dagobert... La route contourne le centre de la ville: on a cependant la possibilité d'admirer (ou pas) à Saint-Denis le Stade de France. A ce niveau, on est encore loin d'en avoir fini avec la banlieue... De Montmorency jusqu'à Beaumont-sur-Oise, la route est une quatre-voies sans âme, coupée de feux rouges, environnée de garages, centres commerciaux, hangars discount aux tôles rouillées... On peut cependant retrouver une partie du vieux tracé de la nationale entre Maffliers et Chambly sur l'actuelle départementale 78 en longeant la forêt de Cannelle (beau village de Presles). On prend alors la direction de Beauvais par Puiseux-le-Hauberger (ancien tracé), Sainte-Geneviève, Noailles (en y passant, ne pas hésiter à jeter un regard au bourg voisin de Tillard, relais situé sur l'ancienne route de Paris), Warluis (passionnant musée de l'aviation). Arrivés à Beauvais, ville martyre de la Seconde Guerre mondiale, nous sommes déjà à 77 km de Paris. Là, encadrée de bâtiments récents, c'est la cathédrale Saint-Pierre, dont la construction a débuté en 1225 qui attire toute notre attention. La nationale 1 prenait ici en 1959 la direction d'Abbeville par Poix-de-Picardie (c'est la N181 qui allait vers Amiens et la N35 qui joignait Abbeville et Amiens).
C'est donc le tracé de l'actuelle D901 Beauvais-Abbeville que nous allons emprunter, non sans avoir jeté un oeil au joli pays de Bray (par la D1 qui passe dans la forêt du parc-Saint-Quentin) ainsi qu'au charmant village de Gerberoy. L'automobiliste au regard avisé notera l'abondante présence d'anciens panneaux en tous genres dans cette petite région... De Marseille-en-Beauvaisis à Poix, nous voici dans la Picardie verte. La voie s'allonge, large et tranquille, entre les nombreux herbages qui jaunissent lentement sous le soleil de cette fin d'été. Peu avant l'arrivée sur Airaines, entre Bresles et Somme, le château de Tailly, sur la gauche de la route se camoufle derrière un petit bois: la demeure a appartenu au maréchal Leclerc, le libérateur de Paris en 1944... ce qui explique le nombre incroyable de rues portant son nom dans les villes et villages alentours... A Abbeville, la D901 rejoint la N1. Située à quelques vingt kilomètres de la mer, la capitale de la région du Ponthieu a été dévastée aux trois quarts lors du dernier conflit mondial. C'est là aussi que les Anglais installent leur grand QG en 14-18. La ville sera terriblement touchée le 20 mai 40 lorsque les bombardiers allemands attaquent le centre et réduisent en poussière près de 2500 immeubles. Reste à voir cependant la collégiale Saint-Vulfran et le château de Bagatelle (attention aux horaires de visites très étriqués), une riche demeure de plaisance du XVIIIe siècle entourée d'un très beau parc.
Première étape dans le Nord-Pas-de-Calais (qui a concrètement déclassé la N1 en 2006), on visitera sans faute la localité de Montreuil-sur-Mer, dans le val de Canche, perchée sur sa butte fortifiée, à la vaste place centrale, décrite par un grand voyageur de la N1... Victor Hugo dans Les misérables... Les rues pavées recèlent encore quelques anciennes indications Michelin et autres, qui prouvent le passage primitif de la nationale n°1 à Montreuil et non sur l'insipide déviation de contournement construite plus récemment. A côté, la station du Touquet se laisse voir pour les innombrables panneaux Michelin de toutes formes qui restent encore aujourd'hui debout dans les rues et les allées de cette ville créée en 1882 et adoptée par les Anglais qui viennent y jouer au casino. La route prend dès lors le chemin de Boulogne en passant par Samer, un petit bourg blotti sur une colline autour de son clocher. Non loin, la côte, dite "de Tingry" était dans le temps pour les camions un véritable point noir de cette nationale...
Le grand port de Boulogne marque aujourd'hui la fin effective de la nationale 1 et de ses dérivées départementales comme moyen important de communication. Jusqu'à Calais, c'est l'autoroute A16 (gratuite) qui emprunte le trajet de l'ancienne voie. Les parties (très dégradées) qui restent autour de Wacquinghem, Marquise et Saint-Inglevert portent le nom de D233E1 et D244E1. A Boulogne, construite des deux côtés du fleuve Liane, on ne peut s'empêcher de soupirer sur l'imbécilité des hommes: les guerres ont laissé ici des blessures terribles dans le paysage urbain: bombardements allemands et alliés se succéderont entre 1940 et 1944 sur le centre-ville, au Portel, à Outreau... On se souviendra donc plutôt des voyageurs et scientifiques qui passèrent par là: Pilâtre de Rozier (avec Pierre-Ange Romain) tenta la traversée de la Manche en ballon en 1785 depuis Wimereux. Un empereur eut aussi ce rêve: Napoléon Ier y cantona dès 1803 de nombreuses troupes dans le but d'envahir l'Angleterre... La colonne de la Grande Armée (vers Wimille) reste un souvenir marquant de cette époque.
Vers Calais, le village de Wacquinghem, où l'on trouve une plaque de la route impériale n°1, est resté célèbre dans les guides de la route pour un virage difficile... A Marquise, la voie longe de vastes carrières de pierre dont est extrait un marbre magnifique. L'arrivée sur Calais, ville-terminus de la route n°1 se fait par Leubringhen, Saint-Inglevert et Coquelles (entrée spectaculaire du tunnel sous la Manche). Nous sommes là juste à côté des caps Gris-Nez et Blanc-Nez: un détour par la départementale 940 s'impose jusqu'à Blériot-Plage (lieu-dit les Baraques), en ces lieux, l'aviateur Louis Blériot s'envola en juillet 1909 pour la première traversée de la Manche. La RN1 se termine donc à Calais, porte de l'Angleterre. Paris est à 277 km environ. Marc Verney (septembre 2006) (*) Le nom de "chaussées Brunehaut" est donnée dans le nord de la France et en Belgique à d'anciennes voies gauloises, souvent établies sur des pistes néolithiques et restaurées par les Romains. Brunehaut, reine d'Austrasie aurait fait restaurer ces voies construites par Marcus Agrippa, lieutenant de César vers l’an 25 avant JC. Une légende pour de nombreux historiens. Pour d'autres, les "chaussées Brunehaut" seraient "les chemins bruneaux" dont la couleur brune tranchait sur la blancheur des routes pavées gauloises. En effet, les Romains avaient revêtu ces chaussées de concretum, sorte d'aggloméré de cailloux de couleur brune, l'ancêtre du macadam. Les chaussées gauloises, plutôt pavées de liais en calcaire très dur, étaient donc blanches par rapport aux brunes voies romaines. (Source: encyclopédie gratuite Wikipédia)
|
||||||||||||||||