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RN7 à Erôme (Photo: Marc Verney, octobre 2008).
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La
RN7 de 1959 (auj. D307) quitte Lyon par Saint-Fons. Les faubourgs
industrieux d'antan se sont transformés en vastes cités de béton.
Jusqu'en 1888, l'histoire de Saint-Fons est étroitement liée à celle
de Vénissieux, la bourgade d'à-côté. C'est à cette date que Saint-Fons
devient une commune indépendante, traversée par la route du Sud.
Vénissieux, par contre, a quelque chose à nous raconter: un des grands
personnages de ces lieux s'appelle Marius Berliet. Ce fabricant de
moteurs s'installe en 1915 dans cette localité du sud de la région
lyonnaise pour y fabriquer des camions, à la demande de l'armée. Et
pour loger ses ouvriers, il y fait construire la cité Berliet. La
célèbre marque vivra jusqu'en 1978, absorbée par Renault Véhicules
Industriels (RVI) devenu en 2002 Renault Trucks.
Feyzin est la localité suivante. Anecdote amusante: le 23 juin
2007, la ville a fêté les deux mille ans de la route Lyon-Aix-en-Provence.
Environ quatre kilomètres plus au sud, voilà Saint-Symphorien-d'Ozon.
En suivant le tracé historique, on notera que les façades de la rue
principale sont, pour la plupart, issues du plan d’alignement du début
du XIXe siècle (source: mairie de la ville). "La route remonte
et vient déboucher au-dessus de Vienne: belle vue, à gauche, sur le
Mont-Blanc et les Alpes", nous raconte, ici, le Guide Bleu
de la France automobile (Hachette, 1954).
On sort du département du Rhône peu après le village des Pins.
C'est désormais le département de l'Isère qui héberge le tracé de
la RN7. Le site de Vienne est occupé depuis la plus haute antiquité.
Vers 40 après JC la ville se développe de chaque côté du Rhône et
se place alors parmi les plus grandes villes de la Gaule (un moment,
même, la rivale de Lyon). La traversée de la ville se fait en partie
sur les berges. C'est aussi là qu'en 1925 que Fernand Point fonde
son fameux restaurant La Pyramide. |
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| Ancienne
plaque de la N7 à Vienne. Notez l'utilisation amusante de l'italique...
(Photo: Marc Verney, avril 2008). |
On
sort de Vienne en s'écartant légèrement du Rhône. Voilà Vaugris,
puis Auberives-sur-Varèze. L'automobiliste amateur de bons vins n'hésitera
pas à faire le détour par Condrieu, de l'autre côté du fleuve. Au
bout d'une longue ligne droite, c'est l'arrivée dans la commune de
Péage-de-Roussillon. En 1958, on y a inauguré la déviation (2×2 voies)
qui compose désormais l'une des plus anciennes parties de l'autoroute
du Soleil A7. Sa longueur est quand même bien modeste: environ 6 km.
La N7 atteint Saint-Rambert-d'Albon, puis passe non loin d'Andancette,
où un pont permet aux automobilistes ayant emprunté la route bleue
N82 de rattraper
l'itinéraire principal.
A Saint-Vallier, la route nationale 7 historique s'approche
au plus près du Rhône. Quelques vues, échappées belles sur le fleuve
sont absolument ravissantes... Serves-sur-Rhône, Erôme, Gervans...
Au détour d'une courbe, nous voici à Tain-l'Hermitage, entourée par
les vignobles du crozes-hermitage. Pays de rouges forts et typés,
c'est aussi par ici que le soleil commence vraiment à "taper" sur
les carrosseries... car, cinq kilomètres au sud, c'est Pont-de-l'Isère
et le monument de la "latitude 45" qui précise l'arrivée de la RN7
aux portes du Midi. Pour les puristes, ce monument, orné de deux sculptures
façonnées par Deluol (1951) n'est pas à sa place initiale: la nationale
ne franchit plus l'Isère sur le pont de pierre, construit en 1827.
Fragilisé par un dynamitage durant la Deuxième Guerre mondiale et
la montée du niveau des eaux, celui-ci est désormais abandonné. Un
nouveau franchissement a été inauguré en 1978. On peut rouler sur
quelques centaines de mètres d'ancien macadam autour du vieux pont
mais l'accès direct n'est plus possible.
La route traverse désormais Bourg-les-Valence, puis entre dans
Valence, préfecture de la Drôme. Traversée un peu fastidieuse sur
les grands axes du centre-ville au milieu d'une circulation intense.
Là encore, tout a été chamboulé: l'autoroute du Soleil passe sur les
quais du Rhône et la N7 moderne contourne la cité par une quatre-voies
reliée à l'autoroute A48 de Grenoble. Du coup, Valence est de nos
jours un peu "encerclée" par un flot de bitume peu seyant... Et puis
les ennuyeux et sempiternels centres commerciaux des portes de villes
jonchent le paysage d'une multitude d'écueils publicitaires aux couleurs
criardes. Passons... malgré le fait que Valence a hébergé l'une des
plus grandes tables de l'époque de la N7 historique, la Maison
Pic, fondée en 1936. |
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| Plaques
de cocher de la N7 situées à Livron et à Loriol
(photos: Marc Verney, octobre 2008). |
De
Valence à Montélimar, la nationale 7 de 1959 suit une vieille
route postale empruntée par les diligences. Les villages et bourgs
de La Paillasse, Loriol-sur-Drôme, La Coucourde ou bien encore L'Homme-d'Armes,
étaient tous des relais sur le chemin du Sud.
A Loriol, une publicité peinte pour le nougat Canard Sauvage
embellit encore aujourd'hui les murs de la ville. Cette publicité
montre à l'automobiliste la proximité de Montélimar. La ville, capitale
du nougat, s'annonce d'ailleurs très vite. Empruntant les boulevards
circulaires autour du centre, la N7 historique ne pouvait pas absorber,
les beaux jours venus, l'incessant trafic automobile des vacanciers
qui s'y retrouvaient "prisonniers" d'homériques bouchons.
Du coup, une aubaine pour les fabricant du précieux nougat,
qui démarchaient les voyageurs jusque dans leur auto. Un mot sur
la recette de cette spécialité (datant du XVIIe siècle) qui ne colle
pas toujours aux dents (!): un mélange de sucre, de miel, d’amandes,
de vanille et de blancs d’oeuf qui donne à la friandise cette texture
si particulière. |
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| A
gauche, le mur publicitaire peint de Loriol, et, à droite,
une "vraie-fausse" borne de la N7 vantant les mérites
du nougat à la sortie sud de Montélimar (photos: Marc
Verney, octobre 2008). |
La
RN7 historique s'extrait de Montélimar en passant par un pont
sur le Roubion. Voilà ensuite Malataverne, Donzère puis Pierrelatte.
La chaussée court en plaine en frôlant les premières rondeurs du
Tricastin. "A l'ouest", nous raconte le Guide Bleu de
la France automobile (Hachette, 1954), le voyageur "remarque,
au pied des Cévennes du Vivarais l'énorme front des carrières de
pierre à chaux de Lafarge". Toujours dans la même direction
et un peu plus au sud, voilà Viviers et le passage du Rhône dans
le "robinet" de Donzère. Peu après ce village (restes d'enceinte
et d'un château du XVe) la route franchit le tout récent (on est
en 1959!!) canal de dérivation de Donzère-Mondragon, gigantesque
canal alimentant en "houille blanche" une vaste centrale hydraulique
capable de produire près de 2 milliards de Kwh par an. Ces aménagements,
réalisés peu après guerre, de 1948 à 1952 sont -à l'époque- l'une
des fiertés françaises.
Pierrelatte, un peu plus au sud, se développe grâce notamment
à l’amélioration des communications dans la région. Déjà en 1758,
nous précise la mairie sur son site, la nouvelle route royale, ancêtre
de la nationale 7, passait par là. Les habitants de Lapalud peuvent,
eux, dire merci aux moines qui construisirent le passage sur le
Rhône à Pont-Saint-Esprit. Le pont, terminé en 1306 après 45 ans
de travaux développa le bourg qui devint rapidement une zone-carrefour:
échanges Languedoc-Dauphiné, pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle...
Plus tard, nous explique encore le site internet de la municipalité,
la ville est restée "très passagère après la fin des travaux
de construction de la portion de route entre Lapalud et Mondragon
en 1763". Hélas, de nos jours (2008-2009), s'il y a beaucoup
à dire sur l'histoire de la région, les yeux se bloquent irrémédiablement
sur le "panorama" nucléaire de la centrale du Tricastin, dont les
champignons de vapeurs issus des vastes aérateurs dominent les petits
villages provençaux du coin. C'est la troisième usine atomique croisée
depuis Lyon... La vallée du Rhône est -aussi- un vrai "couloir nucléaire".
A Mornas, voilà une halte de charme pour l'automobiliste
qui s'est "enquillé" toute la descente de la vallée du Rhône. Le
village s'est construit au pied d’un rocher à pic et assez élevé.
Un des sommets surplombe même le vide de façon impressionnante.
On y visite une chapelle romane et les restes de ruines féodales.
En suivant le trajet ancien de la N7, le voyageur verra une ancienne
borne indicatrice. Celle-ci ne mentionne, hélas, plus aucune destination.
Plus loin encore, Piolenc est un ancien bourg fortifié qui se situe
un peu au nord d'Orange. Cette ancienne "capitale du balai" a rassemblé
dès 1990, quelques passionnés de la route d’antan. Ceux-ci ont fondé
l’association Mémoire de la N7 dont le but était de "gérer et promouvoir"
le patrimoine de cette route nationale. plusieurs expositions ont
alors été réalisées avec le soutien de la population. Un musée de
la N7 a même vu le jour... Aujourd'hui, en 2009, tout ceci n'existe
malheureusement plus.
La RN7 historique entre dans Orange en contournant le magnifique
arc de triomphe gallo-romain. Celui-ci daterait de l'an 25; on peut
y remarquer des scènes de combat et la commémoration d'une victoire
sur un chef gaulois. Autre monument notable de la ville: le théâtre
antique, bâti vers 120. Le nom d'Orange est étroitement lié à des
princes ayant fourni une dynastie à l'Angleterre et une famille
régnant encore actuellement sur les Pays-Bas. Au sortir de la petite
ville, la route nationale 7 laisse sur sa gauche la N550 (D950 en
2009) vers Carpentras et prend la direction d'Avignon par la plaine
du Comtat. A Courthezon, enceinte fortifiée du XVIe siècle. La chaussée
s'approche de l'Ouvèze qu'elle franchit à Sorgues, ville industrielle
située aux portes de la cité des papes. On longe l'île de la Barthelasse,
vaste espace "couvert de jardins et de mûriers" nous précise
le Guide Bleu 1954 avant d'entrer dans les premiers faubourgs
de la ville d'Avignon. A noter qu'un "raccourci", la N7F partait
du Pontet pour éviter la traversée d'Avignon. On retrouvait la N7
un peu plus au sud, avant le pont de Bonpas.
La ville d'Avignon, l'ancienne capitale du Comtat Venaissin
est une ville admirable, digne d'une longue étape sur la route vers
l'azur. La première chose que l'automobiliste arrivé du nord par
la route de Lyon voit, ce sont les remparts. Ceux-ci entourent la
ville d'une enceinte longue de quatre kilomètres et haute d’environ
huit mètres. Ils ont été bâtis entre 1355 et 1372; vers 1373, on
dénombrait douze portes inscrites dans des tours carrées et précédées
de ponts-levis, trente-six tours et cinquante-six échauguettes...
L'intérieur de la ville est tout aussi intéressant: le palais des
papes, aussi bien forteresse que palais est l'un des plus majestueux
exemples de l'architecture de style gothique au XIVe siècle. Non
loin, le rocher des Doms est un jardin public qui domine le centre.
La vue s'étend jusqu'au mont Ventoux à l'est, à la région de Châteauneuf-du-Pape
au nord... En contrebas, on aperçoit les restes du pont Saint-Bénezet
(premiers travaux: 1177). Les quatre arches et la chapelle que l’on
peut encore voir actuellement sont les restes d’un pont qui comportait
22 arches et mesurait plus de 900 mètres de long. Le pont, souvent
en butte aux crues du Rhône, souffrit constamment de la violence
des flots. Il fut remanié et réparé à grands frais jusqu’en 1668.
Puis on renonça à le réparer; ses arches disparurent progressivement.
La RN7 historique s'extrait de la ville par la porte l'Imbert.
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| Après
Avignon, la RN7 passe sous de véritables "cathédrales"
de platanes. Un coup d'oeil magnifique à la nuit tombante
(photo: EF, octobre 2008). |
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D'Avignon
à Aix-en-Provence, il y a 75 kilomètres. La N7 historique
file tout droit vers le pont de Bonpas, sur la Durance (panneau
Michelin dans le sens Lyon-Aix). Passé l'ouvrage, c'est l'entrée
dans les Bouches-du-Rhône. Il faut saluer l'initiative du département:
afin de ne pas perdre le souvenir de la N7, la route a été rebaptisée
D7N en 2006, lors du déclassement brutal des nationales. Bon,
les pastilles des panneaux indicateurs ont néanmoins viré du rouge
au jaune...
Un peu à côté du chemin principal, Noves (enceinte fortifiée
du XIVe) et Saint-Andiol (église romane) sont des haltes bien
rafraîchissantes... La route nationale 7 historique est là, encadrée
par de magnifiques rangées de platanes... C'est là aussi que l'automobiliste
attentif aperçoit, entre les arbres centenaires, de grosses bornes
blanches. On peut y lire: "Route de Jean Moulin, chemin de
la liberté". Jean Moulin, le héros de la Résistance française
durant la Seconde Guerre mondiale, natif de Béziers, venait souvent
à Saint-Andiol (où il a été baptisé).
D'autre part, c'est ici, dans le petit massif des Alpilles
que l'homme a commencé ses actions de combat contre l'envahisseur
allemand après son parachutage de Londres. Les bornes matérialisent
donc un peu la vie et les luttes de Jean Moulin dans cette région,
de Saint-Andiol à Salon-de-Provence.
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| A
gauche, la N7 à Orgon, et, à droite, les imposantes
bornes kilométriques de la "route Jean-Moulin"
(photos: Marc Verney, octobre 2008). |
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Au
Plan-d'Orgon, la N7 d'antan croise la N99 historique Cavaillon-Nîmes.
"Danger!" au carrefour , écrit le Guide Bleu 1954.
Un endroit qui a été rendu "célèbre" par le film Heureux qui
comme Ulysse avec l'acteur Fernandel... Non loin des monts
du Lubéron, la route se rapproche un peu de la Durance. A Orgon,
on ira visiter une église de 1325 qui conserve trois panneaux
peints du XVIe siècle. On longe les collines du -tout- petit massif
des Plaines.
A Sénas, la RN7 historique laisse partir sur Marseille
la formidable et peu connue N538 (D538) jusqu'à Salon-de-Provence.
Cette longue route côtoie la N7 dans toute la vallée du Rhône
à partir de Vienne. L'itinéraire est proposé par tous les guides
touristiques des années cinquante car il traverse de magnifiques
paysages provençaux... Au sortir de Sénas, la route d'Aix prend
la direction de Lambesc en s'éloignant un peu de la Durance et
en escaladant la chaîne des Côtes.
Là, pas loin du trajet Paris-Menton, se trouvent "les
ruines du village de Vernègues, détruit par le tremblement de
terre de 1909" (Guide Bleu 1954). Lambesc est aujourd'hui
déviée. Le centre de ce petit bourg est cependant intéressant,
avec plusieurs hôtels particuliers de type aixois datant du XVIIe
siècle. Saint-Cannat est le dernier village important avant Aix-en-Provence.
C'est là qu'est né Suffren (1729-1788). L'arrivée sur Aix se fait
par une très longue ligne droite, protégée au nord par la chaîne
de Trévaresse et bordée au sud par la vallée de la Touloubre.
Nous avons parcouru 301 km depuis Lyon.
Marc Verney, Sur ma route (janvier 2009)
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RN7,
continuer vers la Côte d'Azur
On touche presque au but! Voilà la Méditerranée
qui se profile, Fréjus, Cannes, Nice et Menton. La
route virevolte au milieu des mimosas jusqu'à la Grande
Bleue (suivre) |
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RN8,
Marseille et les calanques
Une petite nationale avec un grand numéro...
Ou l'inverse! La route nationale 8 historique coupe la Canebière
avant de grimper vers Aubagne et Toulon. (suivre) |
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Retour
vers Lyon, Paris
Parfois, et c'est bien dommage on n'a pas le choix...
Il faut rentrer chez soi... Bon, notez que c'est pour recommencer
le tour aussi! Et puis on a peut-être raté quelque
chose... (suivre) |
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