Cette vieille plaque Citroën à demi effacée se situe à l'entrée de Cuges-les-Pins en venant d'Aubagne (photo: MV, octobre 2008).
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Quelques anciens panneaux au lieu-dit La Mounine. (photo: MV, octobre 2008).

Villes et villages traversés ou desservis par la RN8 (1959):
Aix-en-Provence
Pont-de-l'Arc
Luynes
Le Pin
Les Cayols
Septèmes-les-Vallons
Saint-Antoine
Saint- Louis
La Madrague-de-la-Ville
Marseille
La Capelette
Saint-Loup
Saint-Marcel
La Penne
Aubagne
Col de l'Ange
Cuges-les-Pins
Le Beausset
Ollioules
Toulon

La seule borne de limites départementales située sur le trajet de la N8. Hélas bien abîmée par les tags (Photo: MV, octobre 2008).
Documentation écrite utilisée: Atlas routier Michelin 2007, Atlas des routes de France (Michelin, 1951-52), Atlas des grandes routes, France (Michelin, 1959), Carte Michelin n°84 Marseille-Menton, Guide Bleu France Automobile (Hachette, 1954).


Les belles routes de France...
RN8: cap sur les pinèdes
En 1959, la nationale 8 partait d'Aix-en-Provence pour desservir Marseille, Aubagne, Toulon... Une toute petite centaine de kilomètres au travers des garrigues et sous l'éclatant soleil du Midi. Avec en prime, l'aventureuse traversée de Marseille! La Canebière nous voilà!!

L'ancienne route nationale 8 à la limite des Bouches-du-Rhône et du Var (Photo: Marc Verney, octobre 2008). En cliquant sur l'image vous poursuivez sur la N7 historique...


On quitte Aix-en-Provence après avoir fait un tour autour de la belle fontaine de la place de la Libération (en 1954, s'appelle auj. place Charles-de-Gaulle). Voilà ensuite l'avenue des Belges et les premiers hectomètres de la N8 (D8N en 2009). Deux kilomètres après Aix, voici Pont-sur-l'Arc. La route, large et plaisante s'élève et descend au gré des collines. On atteint le village de Luynes; la N8, nous raconte le Guide Bleu de la France automobile 1954 (Hachette) "court à travers une campagne bien cultivée que dominent des collines couvertes de bouquets de pins formant un charmant paysage méditerranéen"...

Au lieu-dit La Mounine, le bitume dépasse, à droite et à gauche du trajet les villages perchés de Cabriès et de Bouc-Bel-Air. la nationale 8 s'engage alors dans le creux entre entre la chaîne de l'Etoile (à l'est) et le massif de l'Estaque (à l'ouest). C'est dans ces parages que l'autobiliste de 1959 rencontre quelques uns des rares kilomètres d'autoroutes hexagonaux existant à l'époque: cet amorce d'autostrade emmène le véhicule désireux d'aller plus vite au coeur de Marseille, sur l'avenue Roger-Salengro. La N8 historique prend, elle, le temps de musarder dans les immenses banlieues marseillaises.

La voiture se faufile jusqu'à Septèmes-les-Vallons puis rejoint à Saint-Antoine la N113 qui arrive de Bordeaux et Toulouse par Carcassonne et Montpellier. Le reste du trajet pour atteindre le coeur de Marseille est une longue ligne droite qui coupe des faubourgs sans âge, mi-industriels, mi-populeux dans lesquels s'étalent petites échoppes et cafés sombres. Rien n'a apparemment changé depuis les années cinquante puisque le Guide Bleu évoque déjà cet "interminable" faubourg! Marseille! Si le nom chante aux oreilles, la réalité est toute autre... Voilà la ville mythique, de tous les trafics (rappelons-nous l'inouï French Connection ou plus récemment les écrits de Jean-Claude Izzo...), mais aussi de toutes les émotions: fondée par les navigateurs grecs 600 ans avant JC, Marseille (sous le nom de Massilia) est tout simplement la plus ancienne ville de France... Dans les années cinquante, c'est la deuxième agglomération du pays, avec plus de 636 000 habitants. Les monuments à visiter sont innombrables mais s'il n'y an avait qu'un, ce serait la basilique Notre-Dame de la Garde, qui s'élève, à 157 m au-dessus des immeubles, sur une colline calcaire isolée. De la terrasse de ce lieu de pèlerinage, la vue sur la Méditerranée est époustouflante.

A gauche, jolie plaque à l'entrée de Septèmes. A droite, le passage du col de l'Ange après Aubagne (Photos: Marc Verney, octobre 2008).

En 1959, la traversée de la ville ne semble pas si compliquée: le cours Belsunce coupe la Canebière (on jette un oeil sur le Vieux Port) puis on se dirige par la rue de Rome vers la place Castellane. De là, cap sur l'avenue de Toulon; la N8, dès lors remonte la vallée de l'Huveaune et traverse un invraisemblable fouillis de petites cités dans lesquelles la circulation est d'une densité incroyable. Les lieux se dénomment La Capelette, saint-Loup, Saint-Marcel, La Penne... Droit devant nous, le massif de la Sainte-Baume. Mais c'est en regardant vers le nord, en direction de la chaîne de l'Etoile que l'on retrouve quelques uns des paysages favoris de l'écrivain-cinéaste Marcel Pagnol: le petit village de La Treille, le sommet du Garlaban (710 m)...

A Cuges, trois générations de signalisation routière se superposent! (Photo: MV, oct. 2008)
A Aubagne (maison natale de Pagnol), entourée par un charmant hémicycle de petites montagnes, la route nationale 8 historique prend la direction de Cuges en passant par le col de l'Ange (218 m). Puis, c'est la descente vers le plan de Cuges, un ancien bassin lacustre désormais cultivé. Après Cuges, la N8 grimpe dans une belle forêt de pins vers la limite départementale entre les Bouches-du-Rhône et le Var. La borne couronnée de rouge est toujours là (fin 2008), coincée contre un talus de terre. En passant dans le Var, la D8N devient DN8. C'est de cette manière que les deux départements ont renommé l'ancienne route nationale. En 1959, jusqu'au village du Beausset, le paysage est resté sauvage: forêts de pins et cigales... Aujourd'hui, autour du hameau du Camp, parc d'attraction et circuit automobile ont attiré voyageurs et activités industrielles... La forêt sauvage est mitée par les bâtiment et les animaux ont déserté les parages bruyants du circuit, qui a longtemps hébergé les Grands Prix de Formule 1. Peu après Sainte-Anne, la RN8 historique s'engage dans les gorges d'Ollioules. Celles-ci, bordées "de falaises déchiquetées" (Guide Bleu) sont une des principales curiosités de la route. L'arrivée sur Toulon est sans surprises. A moitié rasée par les combats de la Seconde Guerre mondiale, la ville aligne les immeubles modernes au milieu du capharnaum de sa circulation automobile. L'alignement, presque une tradition locale, puisque c'est ici -qu'au XIXe siècle- un certain préfet Haussmann mettra en pratique ses théories d'aménagement urbain avant de les appliquer plus amplement à Paris... la nationale 8 s'y termine, après 95 kilomètres de bitume depuis Aix-en-Provence. Pour être totalement complet sur le sujet: une N8bis de 54 km a relié Marseille à la N7 (vers Pourcieux).
Marc Verney (Sur ma route) février 2009

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La Côte d'Azur nous tend les bras. Fréjus, Cannes, Antibes, Nice, Monaco et Menton... Que des noms qui chantent au pays du soleil!! Bienvenue sur la route des vacances (lire)

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