Panneau Michelin de la N485 entre Corbigny et Clamecy. La "route buissonnière" emprunte cette ancienne nationale mais aussi la N445, la N450 historiques et quelques km de départementales vers Nemours (photo: MV, août 2008).
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Un peu à l'écart de la "route buissonnière", ces anciens panneaux sont situés vers le petit village de Treigny (photos: MV, mai 2009).

ROAD BOOK de la "route buissonnière" 2009:
A6 ou N7 jusqu'à Nemours
D225 (direction Sens)
D58
Remauville
Egreville
D30/D34
Le Bignon-Mirabeau
Rosoy-le-Vieil
Ervauville
St-Hilaire-les-Andrésis
D32
Courtenay
D34
Montcorbon
Douchy
D943
D950
Charny
St-Martin-s-Ouanne
Grandchamp
Villiers-St-Benoît
Dracy
Toucy
Moulins-s-Ouanne
Leugny
Ouanne
Pierefitte-Bas
D148
Druyes-les-Belles-Fontaines
Ferrières
Oisy
D957/D977
Clamecy
D951 (dir. Vézelay)
Dornecy
D985
Flez-Cuzy
Monceaux-le-Comte
Corbigny
Marcilly
D945
Aunay-en-Bazoy
D985
Tamnay-en-Bazois
D978 (dir. Château-Chinon)
D985
Moulins-Engilbert
St-Honoré-les-Bains
Luzy
Toulon-s-Arroux
Perrecy-les-Forges
Génelard
St-Bonnet-de-Vieille-Vigne
Charolles
St-Symphorien-des-Bois
La Clayette
La Chapelle-sous-Dun
Chauffailles
D385
Les Echarmeaux
Lamure-s-Azergues
Chambost-Allières
Chamelet
Le Bois d'Oingt
Le Breuil
D19
L'Arbresle
N7
Lyon

Aunay: encore le petit lapin de la "route buissonnière"!! (photo: MV, février 2009).
Documentation écrite utilisée:, Atlas Michelin des Grandes Routes de France (1959), Atlas routier Michelin France 2007, Guide Bleu de la France automobile (Hachette, 1954), Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais (Hachette, 1965).
Le beau château de La Clayette (photo: MV, février 2009).
Autour de Chauffailles (photo: MV, février 2009).


Les belles routes de France...
Eté 2009: le coup de la "route buissonnière"
C'est en me promenant dans le Morvan profond et en remontant de Lyon par la route de la vallée de l'Azergues (Rhône) que je me suis aperçu que, tout au long de cet itinéraire qui conduit in fine à Paris en suivant de charmantes vieilles nationales dans une France un peu oubliée, il y avait un curieux panneau montrant un petit lapin noir entouré de rouge… Et en surfant sur internet, j'ai vu apparaître la mention "route buissonnière". Un axe imaginé à la fin des années cinquante pour relier Paris à Lyon différemment. De quoi inspirer l'auteur du site Sur ma route pour réfléchir à un moyen amusant et divertissant de rejoindre le Jura, les Alpes, Lyon et le Sud de la France… Bref, pour partir à la recherche du soleil estival et que l'on a un jour ou deux devant soi, quoi de mieux que de prendre la "route buissonnière", non?

C'est à l'entrée de Chauffailles que j'ai rencontré pour la première fois le petit lapin de la "route buissonnière" (Photo: Marc Verney, février 2009). En cliquant sur l'image vous retrouvez la N7 après Lyon.


La sortie de Paris peut se faire indifféremment par l'autoroute A6 ou la nationale 7. Le tout est de rejoindre la cité de Nemours (château des XIIe, XVe et XVIIe siècles), qui sera le point de départ de notre "route buissonnière"… Jusque dans les années soixante, la petite cité, située au km 76, est l'une des premières étapes sur la route des vacances pour les automobilistes parisiens. A l'époque, les véhicules mettaient bien plus de deux heures pour traverser Nemours à cause des nombreux feux de circulation. Bon, en 2009, c'est plus simple: la sortie de la ville se fait par la départementale 225 en direction de Chéroy et Sens. On traverse alors la vaste forêt de Nanteau jusqu'à l'intersection avec la D58 que l'on emprunte jusqu'à Egreville. Là, il faut prendre la direction du Bignon-Mirabeau. La départementale 34 nous emmène jusqu'aux abords de Courtenay par Rozoy-le-Vieil, Ervauville, puis D32 par Saint-Hilaire-les-Andrésis jusqu'au centre de Courtenay.

A Ervauville. Le panneau date de 1948 (Photo: MV, mai 2009).

Là, retour sur le tracé de la départementale 34 jusqu'à Douchy. Dans ce petit bourg, on oblique à gauche pour suivre un temps la D943 (ancienne N443 en direction de Joigny) jusqu'à l'intersection avec la départementale 950 (ancienne N450) que l'on prend vers le sud pour rejoindre Charny. Sur plusieurs dizaines de kilomètres, on va désormais suivre la bucolique vallée de l'Ouanne, en passant par Saint-Martin, Grandchamp, Villiers-Saint-Benoît (l'église construite au XIIIe siècle, remaniée au XVe possède de belles peintures murales, en particulier un splendide Dit des Trois Morts et des Trois Vifs), Dracy, Toucy (ou l'on croise la D965 -ancienne N65- et qui est la ville d'origine de Pierre Larousse, auteur du dictionnaire), Moulins-sur-Ouanne, Leugny… Quelques kilomètres au sud de Ouanne, nous vous conseillons de quitter la D950 pour rejoindre (après Pierefitte-Bas) par la zigzagante D148 le petit bourg charmant de Druyes-les-Belles-Fontaines -en Forterre- pour une halte rafraîchissante au pied du vieux château en ruine de ce village, ancienne demeure des comtes d'Auxerre et de Nevers, où prend naissance (source-résurgence) un abondant affluent de l'Yonne, la Druyes.

Druyes-les-Belles-Fontaines, une étape rafraîchissante sur la route vers le Sud (Photos: MV, mai 2009).

On rejoint Clamecy par Ferrières, Charmois, Oisy et la D977 (ancienne N77). A Clamecy, les aficionados de la "route buissonnière" et de son mignon logo pourront faire un saut au village de Chevroches, où vécu Charles Loupot, le dessinateur du petit lapin noir. Cette cité, sous-préfecture de la Nièvre, a connu jadis une grande prospérité grâce au flottage du bois sur l'Yonne. Des documents locaux mentionnent, pour l'année 1804, 3535 trains de bois réalisés autour de Clamecy et 1051 à Vermenton, dans le département de l'Yonne, juste à côté. Cet ensemble représente quand même près de 90% du bois de chauffage consommé à l'époque dans la région parisienne…

Pour continuer à suivre notre trajet, il est nécessaire de suivre un bout de bitume de la départementale 951 (direction Vézelay) jusqu'à Dornecy pour y trouver les premiers hectomètres de l'ancienne nationale 485 (D985) qui va nous emmener non loin de Lyon. Nous côtoyons jusqu'à Corbigny la rivière Yonne et le canal du Nivernais. Par là, aux portes du Morvan, les paysages ont cette douce rondeur qui va si bien à l'image -un peu cliché quand même- de la France éternelle… Bon, les belles charolaises parsèment des champs agrémentés de bosquets peuplés de mésanges. Le vert est la couleur dominante sur des collines d'où coule aussi quelque vignoble d'appellation locale… On va pas s'en plaindre!

La "route buissonnière" emprunte un temps la N445 (photo: MV, février 2009).
Voilà maintenant Corbigny (abbaye du XVIIIe), une des premières étapes sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle en partant de Vézelay. Non loin de la ville, se trouve un vaste monument commémorant le crash de l'avion Emeraude. Le 15 janvier 1934, cet appareil, de marque Dewoitine D332, de retour d'Indochine, est pris dans une tempête de neige; résultat tragique: il s'écrase auprès du bourg. Toutes les personnes à bord, dont le pionnier de l'aviation Maurice Noguès et le gouverneur général de l'Indochine Pierre Pasquier, sont tuées. L'avion venait juste d'établir un record de vitesse entre Paris et Saigon., Plus loin, c'est à Marcilly que la "route buissonnière" laisse partir l'Yonne sur sa gauche. La départementale 985 (un temps D945 jusqu'à Aunay-en-Bazois) nous conduit jusqu'au bourg de Tamnay. On y croise l'ancienne nationale 78 (D978), qui, par Château-Chinon, Autun, Chalon-sur-Saône, pourra nous conduire tout droit à travers le Morvan, la côte des vins bourguignonne et la plaine de la Saône vers le Jura et Lons-le-Saunier.

N78: le Jura par le Morvan
La RN78 de 1959 relie Nevers à St-Laurent en Grandvaux en passant par le Morvan et les beaux vignobles de Bourgogne. Une route pleine d'histoires à suivre ici (lire)

Ancienne plaque à St-Honoré-les-Bains (photo: MV, février 2009).

Pour continuer la "route buissonnière" sur Lyon et la Côte d'Azur, il faut tout d'abord suivre l'ancienne nationale 78 sur quelques centaines de mètres vers l'Est puis obliquer à droite pour retrouver la D985 (N485) en direction de Moulins-Engilbert. Onze kilomètres plus loin, la chaussée atteint Saint-Honoré-les-Bains, immortalisée dans le film Le souffle au cœur de Louis Malle en 1971. C'est après que la route s'enlace et se délace autour le la Vieille-Montagne, à 556 m, des rondeurs qui appartiennent au massif du Morvan que l'on va laisser peu à peu sur notre gauche… Voilà bientôt Luzy, et, au bout d'une longue ligne droite, Toulon-sur-Arroux. On passe alors au large de l'agglomération de Montceau-les-Mines par Saint-Romain-sous-Versigny, Perrecy-les-Forges, Genelard, où l'on croise le canal du Centre et l'ancienne N74. Là, les traces du passé affleurent de partout. Région de mines et de sidérurgie, la région du Creusot, émouvante, ne charme pas tant que par ses paysages mais par l'ambiance -partout prégnante- d'un passé industrieux parfois prestigieux.


A Génelard (photo) la "route buissonnière" croise la N74 historique. Un peu plus haut dans la ville, on trouve un panneau Michelin très abîmé de la RN485 (Photos: MV, janvier 2009).

RN74: de l'eau dans le vin...
En 1959, la route nationale 74 relie l'Allemagne à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en passant notamment par Sarreguemines, Nancy, Langres, Dijon, Beaune... (lire)

Encore plus au sud, voici Charolles et La Clayette. Là, la "route buissonnière" contourne l'un des beaux châteaux de Bourgogne, qui se mire dans les eaux de la Genette. Après la Chapelle-sous-Dun, l'itinéraire entame sa montée des monts du Beaujolais. Voilà Chauffailles, la route change d'appellation: D385… mais il y a toujours la référence à son nom d'origine, N485. Ici, le bitume file entre les sapins et l'air se rafraîchit.

A Lamure-s-Azergues (photo: MV, février 2009).
Le val d'Azergues est atteint après Poule-les-Echarmeaux. C'est la région dite "des pierres dorées". Les demeures, aux murs blonds prennent un air indéfinissable, entre Nord et Sud… Tuiles romaines, mais sapins noirs, le dépaysement, ici est total. Les échappées de paysages, splendides! Nous voilà bientôt aux portes de Lyon: le Bois-d'Oingt, Oingt, villages dorés nous rappellent, kilomètre après kilomètre que le Sud est désormais une réalité à notre portée. Lugdunum, capitale des Gaules n'est plus qu'à un jet de pierre… et, au lieu de filer directement vers l'embranchement de la "route buissonnière" sur la N6 historique, peu avant Limonest, je vous propose le détour de l'Arbresle, petit bourg blotti sur le passage de la nationale 7, halte au charme simple sur la route des vacances… Après-tout, on a le temps, non ??

A la Clayette (photo: MV, févr. 2009).
A noter:

Le joli emblème de la "route buissonnière" de Paris à Lyon est dû à la patte du dessinateur publicitaire Charles Loupot, né à Nice en 1892.
Qui n'est donc pas un Bourguignon de naissance. Mais c'est lors d'une excursion entre Paris et Vézelay qu'il s'intéresse au charmant village de Chevroches non loin de Clamecy.
Et, durant l'année 1934, il y fait l'acquisition d'un logis qui surplombe la vallée de l'Yonne. Dès lors, Loupot y vient très régulièrement.

C'est en 1958 qu'il réalise le fameux logo qui va jalonner la route de Lyon par le Morvan. Autres clients du dessinateur: les peintures Valentine, le thé Twining, les Galeries Barbès, l'apéritif Saint-Raphaël, les automobiles Peugeot…
En Bourgogne, on lui doit le coq stylisé placé en haut du clocher de l'église de Chevroches.


Marc Verney
, Sur ma route, juin 2009

Sites intéressants autour de la "route buissonnière":

Un site sur des promenades à vélo en Puisaye (lire)
Le site des communes des vaux d'Yonne (lire)
Site de la communauté de communes du pays corbigeois (lire)

RN7: la route vers l'azur
Troisième partie de notre balade vers l'azur: la vallée du Rhône. Après Lyon, finie la grisaille du Nord. Et les températures qui remontent petit à petit... (lire)