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Documentation utilisée: Atlas Michelin des grandes routes (France 1959), Atlas routier Michelin (France 2007), Guide Bleu 1954 de la France automobile (Hachette), Guide littéraire de la France (Hachette 1964), Guide du Routard Auvergne-Limousin (Hachette 2008).
Villes
et villages traversés par la N9 (1959):
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Belles
routes de France...
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Moulins. Après 286 km de N7 depuis Paris, voici le pont de Regemortes qui enjambe l'Allier. Là-bas, de l'autre côté des flots placides, voilà l'embranchement qui inaugure la nationale 9. La chaussée s'extrait rapidement de la cité après avoir longé un dépôt de la Direction départementale des routes signalé, en juillet 2007, par une pimpante borne rouge, un peu incongrue au milieu de ce décor grisâtre... La nationale, large et moderne, "remonte la vallée de l'Allier puis celle de la Sioule", nous indique, dans un premier temps, le Guide Bleu de la France automobile 1954, qui sera, une fois encore, l'un de nos compagnons de voyage avec le Guide littéraire de la France 1964...
Celui-ci s'intéresse d'ailleurs à l'une des premières localités traversées, Saint-Pourçain-sur-Sioule, patrie d'un certain Guillaume Durand (1272-1332); celui-ci, "plus connu sous le nom de Durand de Saint-Pourçain", vit sa réputation philosophique lui valoir le titre de "docteur très résolu"... Force est d'avouer que l'on s'intéresse plus, dans ces paysages vallonnés et doux, aux panneaux publicitaires vantant le vignoble régional (600 ha) qui date du temps des Phéniciens. Le vin de Saint-Pourçain (aujourd'hui du gamay pour les rouges et du sacy pour les blancs) fut servi sur les tables royales de Saint-Louis ou d'Henri IV... Au sortir du bourg, la route s'élève progressivement. Au loin, voici la chaîne des Dômes qui s'installe dans notre champ de vision. Gannat s'annonce après une longue ligne droite. C'est peu après ce gros bourg que la chaussée de la RN9 entre dans le département du Puy-de-Dôme. Aigueperse, ville d'origine de Michel de l'Hospital, chancelier de Catherine de Médicis, traversée par la nationale historique (déviée en 2008), se révèle riche en ancienne signalisation. Pour les "rats de bibliothèque", le Guide littéraire de la France nous signale que l'on "découvre une description très exacte d'Aigueperse dans Juliette au pays des hommes de Jean Giraudoux". Lovée au pied de la chaîne des Dômes voilà maintenant Riom. Belle ville d'art et d'histoire à la robe un peu triste, la cité, perchée sur un éperon rocheux fut l'ancienne capitale de l'Auvergne. Détail intéressant: donnée en 1360 à Alphonse de Poitiers, Riom est rebâtie sur le modèle des bastides du Sud-Ouest. Aujourd'hui, des boulevards circulaires ont remplacé les murailles, et la N9 se faufile entre les façades sombres. Il reste une quinzaine de kilomètres à parcourir avant d'arriver à Clermont-Ferrand, "encadrée, nous précise le Guide Bleu 1954, à gauche par le puy de Dôme et à droite par le plateau de Gergovie". La ville (bâtie entre 380 et 410 m d'altitude), placée à l'extrémité sud-ouest de la plaine de la Limagne, est, en été, "le principal carrefour touristique du centre de la France". Théophile Gauthier, qui passa par Clermont en 1867, en fit cette description (Guide littéraire de la France): "une vieille ville moyen âge, noire comme de l'encre, d'une saleté horrible, mais pleine d'architectures bizarres, d'ogives, de colonnettes, d'escaliers en spirales, de gargouilles et de mascarons à demi noyés dans des pierrailles et des raccommodements d'Auvergnats... Le puy de Dôme n'est pas une farce, il existe et on l'aperçoit à chaque bout de rue"... Particularité de la ville: une quarantaine de fontaines publiques. Autre particularité: la cité est le coeur de la galaxie Michelin. C'est avant la Première Guerre Mondiale que André et Edouard Michelin y inventent le pneumatique démontable. Pour le vélo d'abord, puis pour la voiture. C'est à partir de cette fantastique invention que Michelin allait durablement marquer le domaine routier de son empreinte: cartes, guides, panneaux en ciment, bornes, signalétique en tous genres... et maintenant site internet! La route nationale 9 sort de la ville par le boulevard Lafayette et "descend dans la plaine". Au bout de 8 km, nous précise encore le Guide Bleu 1954, "montée au cours de laquelle la route est dominée à droite par les fameux plateau de Gergovie. Fortes ondulations"... Gergovie, la seule victoire gauloise de la guerre des Gaules... Jusqu'à Issoire, la N9 "historique" semble quasiment totalement "avalée" par le tracé de l'autoroute A75. Dommage: le Guide Bleu nous promettait, de Coudes à Issoire, un "délicieux paysage de rivière: gorge verdoyante à l'issue de laquelle on débouche dans la Limagne d'Issoire". La ville possède un bijou architectural: son église romane du XIIe siècle, l'abbatiale St-Austremoine, richement peinte à l'intérieur (la déco date de 1859). Notez les douze signes du zodiac, à l'extérieur, au dessus des fenêtres des chapelles... La route contourne le centre par des boulevards de ceinture, qui, comme à Riom, ont remplacé l'ancienne enceinte fortifiée. Il y a là, déjà, comme une douce atmosphère de Sud...
Maintenant, la route file dans la direction de St-Germain-Lembron et de Lempdes en remontant le long de l'Allier. La vision embrasse, quasiment à 360° le spectacle des monts d'Auvergne. A Lempdes (une halle bien curieuse...), la N9 de 1959 croise la N102, la route de Brioude et du Puy. A la sortie du bourg, la chaussée entre dans les gorges de l'Alagnon. La route est sinueuse à souhait, et le bitume chante sous les roues.
A Massiac, où arrive la route d'Aurillac, la route nationale quitte la vallée de l'Alagnon pour s'élever vers le plateau de la Margeride. L'oeil est attiré de toutes parts par de splendides paysages. C'est bientôt le col de la Fageole (1107 m sur notre guide 1954) où l'on débute notre descente vers Saint-Flour. La route aboutit au pied du plateau qui supporte de belle manière la ville haute de St-Flour. La cité est en effet perchée sur, nous indique précisément le Guide Bleu, "un promontoire dont les escarpements basaltiques dominent de 100 m à pic la vallée du Lander" (la carte Michelin de 2007 indique l'Ander).
La RN9 quitte Saint-Flour par un long faubourg situé au pied de la vieille ville. Peu après, la route debouche juste au dessus des gorges de la Truyère. La nationale franchit la rivière un peu en contrebas d'un magnifique viaduc de chemin de fer (de Garabit) réalisé par l'ingénieur Gustave Eiffel (celui de la Tour) entre 1882 et 1884. Peint depuis plusieurs années avec une magnifique mais bien étrange couleur rose, il comporte une arche centrale en métal de 165 m située à 122 m au dessus des flots. L'endroit est, bien évidemment, très touristique en été. L'ancienne place forte de Saint-Chely d'Apcher est la première cité de Lozère que nous traversons. C'est aussi là que nous rencontrons une première "vraie fournée" d'anciennes signalisations Michelin. On est sur le plateau du Gévaudan (brr...), à environ 1000 m d'altitude. C'est peu de dire que le fond de l'air y est frais... en ce mois d'avril 2008, quelques flocons y ont même blanchi les prés alentours... Onze kilomètres au sud d'Aumont-Aubrac, nous tombons sur une section totalement préservée de l'ancienne N9 historique. Entre Combettes, le Moulinet et la Rouvière, le long du vallon de l'Enfer, voilà quasiment quatre à cinq kilomètres de vieux bitume, bien illustré par une floraison Michelin qui ne peut que réjouir les amateurs (voir page spéciale).
Marvejols, un peu plus loin, se visite en quelques minutes. L'ancienne place forte conserve, de son enceinte fortifiée, de belles portes du XIVe siècle. Puis la route de Millau descend la vallée de la Colagne: voilà Chirac (rien à voir avec Jacques...), le Monastier-en-Gévaudan... Un peu plus loin, aux Ajustons (N88 vers Mende), c'est le confluent du Lot et de la Colagne. La RN9 "historique" franchit d'ailleurs le Lot à la Mothe. On se trouve au niveau du croisement avec la partie sud de la N88 "historique" (auj. D988) filant vers Rodez. Dans un paysage splendide, la RN9 poursuit son chemin vers Séverac-le-Château.
De beaux
lacets font monter brusquement le bitume sur le causse de Séverac.
Une longue descente fait revenir la route à Séverac (725 m d'altitude).
Le lieu, dominé par un vaste château du Moyen-Age a été bien remodelé
par de récents travaux routiers. L'autoroute A75, qui poursuit sa percée
vers le Sud s'y voit rejoindre par la nouvelle N88 (anc. N595) transformée
ici en voie rapide à quatre voies. Dix kilomètres plus au sud, la route
entame sa descente vers le Tarn. Là aussi, les aménagements routiers successifs
ont profondément changé la configuration des lieux: tout d'abord l'autoroute
A 75, qui a poursuivi la condamnation de la nationale, puis la construction
du gigantesque viaduc qui a relégué dans l'oubli les derniers hectomètres
de la N9 autour de la sous-préfecture de l'Aveyron... Marc
Verney (juin 2008)
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