Panneau en ciment Michelin installé à 300 m de l'entrée de Pont-de-Poitte, en venant de Clairvaux. Il était encore installé en avril 2008. La mention "Route du Comté" indique que l'on est sur l'itinéraire touristique du célèbre fromage de la région (Photo: MV, avril 2006).

Quelques mots sur la documentation utilisée: cartographie, Atlas des grandes routes de France (Michelin, 1959), atlas routier et touristique Michelin France 2007, , Guide Bleu de la France Automobile (Hachette, 1954), Franche-Comté, le guide (La Renaissance du Livre, 1999).

Borne kilométrique juste après la sortie de St-Laurent, en direction de Clairvaux. Celle-ci a été ôtée des bords de la route en 2007 (photo: MV, avr. 2006).
Belle plaque de la "route nationale 78" à la Chaux-du-Dombief (photo: MV, avril 2006).
Installé pourtant pendant des lustres devant l'église à la Chaux-du-Dombief, ce signal Michelin n'existe plus depuis 2007 (photo: MV, avril 2006).
A Bonlieu, dans le centre du bourg, ce vieux panneau orientait les touristes vers les célèbres cascades du Hérisson. Un ensemble plus moderne a été installé en 2007 (Photo: MV, avril 2006).

Plaque d'indications Michelin parfaitement camouflée derrière un panneau moderne à Clairvaux-les-Lacs. Je crois bien que je suis passé des milliers de fois devant sans soupçonner son existence... Il y a un autre signal Michelin de la N78 à côté de l'église (photo: MV, juillet 2006).




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Belles routes de France...
RN78 : petites montagnes, grandes échappées...
La route nationale 78 de 1959 relie Saint-Laurent-en-Grandvaux dans le Jura à la bonne ville de Nevers, dans la Nièvre. Le ruban de bitume, pour réussir son trajet, a dû traverser le tumultueux pays des lacs, enjamber les belles collines de la petite montagne jurassienne avant Lons-le-Saunier, la côte des vins de Bourgogne vers Chalon-sur-Saône et enfin, le rude Morvan vers Château-Chinon... Quelle jolie promenade, non? Voici le détail de son trajet jurassien..

Entrée de la Chaux-du-Dombief lorsque l'on arrive de St-Laurent. (photo: Marc Verney, avril 2006). Pour retourner sur la page index, cliquez ici.


La route nationale 78 de 1959 naît à 913 m d'altitude au centre du petit bourg montagnard de Saint-Laurent-en-Grandvaux (anciennement Saint-Laurent-du-Jura). Les plateaux du massif jurassien sont ici à leur apogée, c'est le royaume, en hiver, de la glace et de la neige, en été, du soleil et des orages tonitruants... C'est ici que passe aussi la célèbre "route blanche", la nationale 5 Paris-Genève. Saint-Laurent, balayée par la bise à la mauvaise saison, est la patrie des Grandvalliers.

Les Grandvalliers
, c'étaient les ancêtres des routiers d'aujourdhui... Ils ont sillonné les routes européennes entre le XVe et le XIXe siècle, transportant et échangeant les produits rencontrés au fil du trajet... Ils étaient reconnaissables à leur blouse bleue et à leur couvre-chef de feutre. Ils dirigeaient de longs attelages fabriqués en sapin tirés par de nombreux et robustes chevaux comtois...

Les bords du lac de l'Abbaye en hiver... Une ode à la glace qui vous étreint (photo: Marc Verney, janvier 2006).

Le chemin sort de Saint-Laurent par l'ouest et attaque de longues lignes droites, traversant le Grandval d'est en ouest, non loin du lieu-dit La Chaumusse. On voit bien que la chaussée a été rectifiée au fil des ans... Les belles bornes Michelin, qui signaient là chaque kilomètre depuis des lustres ont été balayées par le déclassement... Sur la gauche de la route, à quelques kilomètres de là, sur le chemin de Saint-Claude, le beau lac de l'Abbaye, joyau secret du Haut-Jura, bien souvent gelé en hiver...

Un paysage éternellement jurassien: la Chaux-du-Dombief vue de l'autre côté du vallon (photo: Marc Verney, octobre 2005).

Un peu plus loin, la forêt s'annonce et les lacets qui vont avec. La Chaux-du-Dombief, c'est le seuil de la montagne... Après avoir jeté un oeil à la plaque impériale, à la sortie du bourg, la voie s'enfile, spectaculaire, entre les parois de roche grise du pic de l'Aigle (993 m). La descente est rude, rythmée par des virages que craignent les touristes hollandais, nombreux en juillet. Car l'été venu, la région est éminemment touristique, guirlande de petits lacs aux eaux cristallines... Tous reliés entre eux par une mystérieuse circulation aquatique où s'enchaînent résurgences et cascades frétillantes...

A Bonlieu, voilà l'accès vers ce qui est d'ailleurs le coeur du Pays des lacs. Un petit chemin goudronné contourne les sapins et nous emmène au Hérisson, gentil ruisseau courageux qui bondit de roche en roche jusqu'à l'apothéose d'une vaste cascade en forme d'éventail... Pause vivement recommandée au hameau de La Fromagerie, vers Ilay, un peu à l'écart du chemin. La route nationale 78 (aujourd'hui déclassée en D678) se fait discrète, sous le regard des sapins centenaires.

Les deux lacs de Clairvaux: introduction réussie au "pays qui respire"... (photo: Marc Verney, juillet 2006).

Puis, après quelques kilomètres de pur délice vert, voilà Clairvaux-les-Lacs, petite bourgade de charme et de caractère qui se mire dans le bleu de ses deux diamants liquides. De Clairvaux à Pont-de-Poitte, il n'y a que 5 kilomètres, vites avalés par les chevaux mécaniques. La longue ligne droite nous amène aux lisières de l'Ain, la rivière aux eaux claires, qui se transforme ici en quasi océan: c'est le vaste barrage de Vouglans qui a créé ce lac en bleu majeur.

L'été, on se baigne à Surchauffant, à Bellecin, à la Mercantine... Dans le coin, quelque traces de panneaux Michelin... le nettoyage se poursuit, efficace tue-mémoire... Encore quelques kilomètres et voilà la fin du relief jurassien. La route tombe brutalement dans la plaine de Bresse à la hauteur de Revigny.

L'Ain à Pont-de-Poitte: un coin trop chou... (photo: Marc Verney, avril 2006).

Il faut profiter, à la belle saison des lacets boisés s'empilant joyeusement dans la reculée qui s'écarte peu à peu, s'ouvre à Conliège sur l'arrivée à Lons-le-Saunier, capitale départementale. On aime encore ce coin, aux attraits si féminins... Ici, le charme du Jura s'efface lentement, remplacé par les vignobles du Revermont et par les étendues de la Bresse; le ciel s'élargit, le regard se porte déjà vers la Saône, qui se profile en bout de plaine... On entre en Saône-et-Loire peu avant Beaurepaire-en-Bresse. Les douces rondeurs du Jura ne sont déjà plus qu'une fugace trace bleue dans le rétroviseur de la voiture...

A gauche, au fond du "creux" de Revigny. A droite, la belle borne inter départementale entre Saône-et-Loire et Jura, vers Beaurepaire-en-Bresse (photos: Marc Verney, avril 2006 et 2007).

A Tamnais (photo: MV, août 2006)
Localités traversées par la RN78 (1959) Saint-Laurent-en-Grandvaux, La Chaux-du-Dombief, Bonlieu, Cogna, Clairvaux-les-Lacs, Pont-de-Poitte, Nogna, Revigny, Conliège, Perrigny, Lons-le-Saunier, Montmorot, Courlaoux, Beaurepaire-en-Bresse, Ratte, Louhans, Branges, Montret, Saint-Etienne-en-Bresse, Saint-Germain-du-Plain, Ouroux-sur-Saône, Epervans, Saint-Marcel, Chalon-sur-Saône, Châtenoy-le-Royal, Mercurey, Charrecey, Saint-Léger-sur-Dheune, Couches, Saint-Emiland, Auxy, Autun, La Celle-en-Morvan, Arleuf, Château-Chinon, Dommartin, Tamnais-en-Bazois, Châtillon-en-Bazois, Rouy, Saint-Benin-d'Azy, Nevers. Entre Louhans et Chalon-sur-Saône, il existait un autre itinéraire de la N78 jusqu'à son déclassement de 2006: Louhans, Simard, Thurey, Lessard-en-Bresse, L'Abergement-Ste-Colombe, Oslon, Saint-Marcel, Chalon-sur-Saône.

Marc Verney (mai 2008)

RN5: l'autre route de Paris à la Suisse...
La N5 Paris-Genève-St-Gingolph va quasiment disparaître à la suite du vaste déclassement des routes nationales en 2006, une bonne raison pour faire un tour par le Jura... (lire)