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Quelques mots sur la documentation utilisée: cartographie, Atlas des grandes routes de France (Michelin, 1959), N°511 Nord, Flandres, Artois, Picardie (Michelin, 2003), Guide Bleu Picardie (Aisne, Oise, Somme), Hachette, 1993, Le Petit Futé Nord-Pas-de-Calais-Picardie 2006-2007 (Nouvelles éditions de l'université).
Villers-Cotterêts
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Belles
routes de France...
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En 1959, la RN2 part de Paris-porte de la Villette. La route dépassait alors Aubervilliers, traversait le carrefour des Quatre-Routes et laissait, sur sa gauche, l'aéroport du Bourget pour filer en direction du bourg de Dammartin-en-Goële. On ne parlait pas encore, à l'époque, du gigantesque aéroport Charles-de-Gaulle, venu depuis se poser sur les immensités fertiles de la région, entre Roissy-en-France et le Mesnil-Amelot. Sur la départementale 401 (ex N2), qui joint le Mesnil-Amelot à Dammartin-les-Goële, le potin est maintenant infernal: toutes les minutes, un quadriréacteur s'arrache des pistes de l'immense aéroport. On est quasiment dans l'axe, les jumbos grondent au-dessus des maigres alignements d'arbres censés humaniser les lieux... On rejoint vite fait la nouvelle N2 -devenue quatre voies- après Dammartin-les-Goële. Le bitume crache son lot de voitures rapides. Rien à voir pour le promeneur des nationales.
Une vingtaine de kilomètres plus loin, à Levignen, bourg désormais contourné, une vieille plaque, planquée haut sur une façade, à la sortie nord du village, me dit que nous sommes sur "la route nationale 2 de Paris à Maubeuge". Bon sang! Les cochers ne sauraient avoir tort... Autour de la route tumultueuse, une jolie région: la vallée de l'Automne, à quelques lieues des vastes plateaux céréaliers. Les jolies étapes se succèdent: Crépy-en-Valois, l'église de Morienval, l'abbaye de Lieu-Restauré, le donjon de Vez... et enfin Villers-Cotterêts, au coeur de la forêt de Retz. La nationale 2 n'y passe plus mais on peut signaler que Villers est la ville de la fameuse ordonnance du 15 août 1539, signée par François 1er, qui prescrit l'usage du français au lieu du latin dans les actes publics... De Villers-Cotterêts à Soissons, la RN2 est une voie rapide, qui s'impose à la forêt, large tranchée dans des bois qui ont connu de nombreux combats durant la guerre 14-18... dont notamment l'offensive Mangin d'août 1918. Au bout du plateau, la ville de Soissons se love dans une boucle de l'Aisne. La nationale n'y passe plus: une déviation à quatre voies contourne le centre-ville par le sud. Dommage, car la ville recèle quelques jolies surprises que va rater l'automobiliste pressé: la cathédrale St-Gervais-et-St-Protais, l'abbaye St-Jean-des-Vignes, l'abbatiale St-Léger... La ville a quand même subi de graves dommages en 14-18: les trois quarts de Soissons sont détruits dans les offensives et les contre-offensives du front, tout proche. De Soissons à Laon, la route croise le fameux "Chemin des Dames", une ligne de crête qui fut l'objet de terribles combats entre Allemands et Français en 1917 et 1918 (62 227 militaires tués sur cette partie du front entre 1914 et 1918). Au bord de la N2 (chantier de mise à quatre voies en 2006), on croise plusieurs monuments commémoratifs sur le site du moulin de Laffaux avant de rejoindre la départementale 18 et les ruines du fort de la Malmaison. La descente sur Laon se fait par l'ancienne nationale: Chavignon, Urcel, Etouvelles...
La ville de Laon est une cité double: une ville basse industrieuse et aux bâtiments récents; une ville haute médiévale, dominée par la majestueuse cathédrale Notre-Dame. Hugo, intense voyageur, disait de Laon: "Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout"... Et, de fait, dans les rues de la ville haute, reliée aux quartiers plus récents par un curieux métro câblé automatique, les vestiges historiques se rencontrent presque à chaque pas... Au nord de la ville, passé le faubourg de Chambry, un paysage de champs ouverts s'étend sur tout l'horizon, à peine brisé par quelques bourgs: Crécy-sous-Serre, Marle, Vervins... La route nationale 2 frappe aux portes de la Thiérache. Et là, miracle! D'imposantes églises fortifiées s'échelonnent le long de la vallée de la rivière Brune... Gronard, Prisces, Burelles, Plomion... les édifices, de brique et de pierre dominent le bocage vert où s'éparpillent en grappes denses les bovins paisibles. D'autres églises fortifiées se visitent dans la vallée de la Serre, au départ de Marle. Sur un plan culinaire, nous voici en terre de maroilles, fromage à pâte molle et croûte lavée de la famille du münster...
Plus loin, la nationale 2 fait étape à La Capelle. La petite ville s'étale le long de la route principale. Ici, on parle cheval: la société de courses du cru est plus que centenaire. L'hippodrome figure parmi les vingt lieux de course qui comptent en France... C'est là que je découvre la flèche Michelin siglée N2... Environ cinq kilomètres après La Capelle, la nationale 2 pénètre dans le département du Nord. Il reste une quarantaine de kilomètres jusqu'à la frontière belge. A partir du petit village de Larouillies, la route entame un parcours faste en anciens panneaux routiers... A Etroeungt, Avesnes-sur-Helpe, Maubeuge, la signalisation, dans les bourgs, reste en grande partie confiée à de vieux poteaux datant des années cinquante. L'Avesnois, la région qui entoure la N2, a le statut de parc naturel régional: Composé de 129 communes adhérentes, et de 5 communes associées, le parc de l'Avesnois s'étend sur près de 125 000 hectares et abrite plus de 130 000 habitants... Et c'est vrai que les lieux sont charmants: prairies bocagères, forêts de feuillus, vergers en fleurs, rivières sinueuses, moulins au bord de l'eau, kiosques à danser au coeur des villages, oratoires en typique pierre bleue... Quelques villages: Lissies, Sars-Poteries, Solre-le-Château... Plus haut, vers la frontière avec la Belgique, Maubeuge fut réunie définitivement à la France après la guerre de Hollande et la conquête des Flandres, en vertu de l’article XI du traité de paix de Nimègue, en date du 17 septembre 1678, ratifié par le roi de France le 3 octobre, et par le roi d’Espagne le 14 Novembre de la même année... En mai 1940, période sombre, c’est la percée du corps d’armée blindé du général Guderian. La division Panzer de Rommel traverse à Clairfayts les défenses de la ligne Maginot. Durant les combats, le centre de la ville est détruit pratiquement à 90%. Encore huit kilomètres et la N2 atteint la frontière belge: le voyageur traverse des bourgs sans âme: Bettignies, Gognies-Chaussée... Espace Schengen oblige, le poste-frontière a complètement disparu: le "plat pays" est atteint au kilomètre 231.. Marc Verney (octobre 2006)
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