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Documentation utilisée: Productions Michelin: Atlas routier France 2007, Atlas des Grandes Routes de France 1959, Verdun-Wissembourg n°57 (rév. 1939), Chaumont-Strasbourg n°62 (date ind.), Beaune-Evian n°70 (1949 et 1955), Bourges-Mâcon n°69 (1963); le Guide Bleu de la France automobile (Hachette, 1954), le Guide Bleu Bourgogne-Lyonnais (Hachette-1965), le Petit Futé Lorraine-Vosges (NEU, 2006-2007), le Petit Futé Champagne-Ardenne (NEU, 2002), Wikisara.
Villes
et villages desservis par la N74 (1959):
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de Sur ma route qui tente avec difficultés de parcourir
la France en long et en large... Merci d'en tenir compte.
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Belles
routes de France...
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C'est dans la petite localité frontière de Frauenberg que débute la nationale 74 de 1959 (D974 en 2009). Il faut une ligne droite de six kilomètres pour atteindre Sarreguemines, première cité française d'importance sur le chemin de cette RN. La ville, nous précise le Guide Bleu de la France automobile 1954 "a subi de sérieux dégâts en 1939-1945". On y trouve cependant à l'époque d'importantes fabriques de porcelaines et poteries ainsi que les restes d'un château féodal. La route prend la direction de Nancy peu après la sortie de Sarreguemines en laissant la N61 (Sarralbe, Sarre-Union) sur sa gauche. Après Woustviller et Ernestviller, voilà Puttelange, où l'on croise la nationale 56. La route traverse, dès lors, les étendues ondulantes du plateau lorrain. Cultures, étangs et bois: le paysage s'emplit de terre agricole, grasse et rousse. Les parages n'ont pas été épargnés par les interminables conflits entre Français et Allemands. Ainsi, à Morhange, se rappelle-t-on encore d'une bataille meutrière -en août 1914- ayant opposé les forces de la IIe armée française à l'armée impériale. On arrive à Château-Salins par une forte descente; la route N74 y croise l'axe Metz-Strasbourg. La nationale entre en Meurthe-et-Moselle peu avant Moncel-sur-Seille. A Champenoux, on retrouve encore les traces terribles du conflit 14-18 (cimetière militaire). Vers Laneuvelotte, la voie est dominée, au nord, par les escarpements du plateau de Malzéville. Voilà les faubourgs de Nancy, Seichamps, puis Essey-les-Nancy. De nos jours, la N74 s'y égare un peu, bitume en péril, perdu au milieu des centres dédiés à la consommation de masse...
On traverse la Meurthe, puis le canal de la Marne au Rhin. La RN74 (1959) rejoint Nancy par le faubourg-Saint-Georges. L'ancienne capitale du duché de Lorraine, est également traversée par la N4 (lire). Son centre-ville compose, nous dit le Guide Bleu 1954, "l'un des plus beaux ensembles que le XVIIIe siècle ait laissé en France". On se laissera notamment charmer par la magnifique place Stanislas (1752-1756). Mais Nancy est également reconnue pour être l'un des berceaux de l'Art nouveau, au début du XXe siècle. Maisons-fleurs, maisons-arbres... un style tout en rondeurs qui emprunte au vocabulaire de la nature. Beau et sensuel. On sort de Nancy par la rue du Montet. La route nationale 74 de 1959 monte vers le plateau de la forêt de Haye et redescend vers Meuves-Maisons et Pont-Saint-Vincent pour y franchir la Moselle. Puis, la nationale historique prend la direction de Neufchâteau, en passant par Maizières, Thuilley-aux-Groseilles, Colombey-les-Belles. L'entrée dans le département des Vosges se fait juste après ce dernier bourg. Neufchâteau, au confluent de la Meuse et du Mouzon, est un important noeud routier: Verdun, Bar-le-Duc, Chaumont, Langres, Luxeuil, Epinal, Nancy peuvent être (en 1959) directement rejoints par axe national depuis la sous-préfecture des Vosges. Par la suite, la route (D74 en 2009) remonte la vallée de la Meuse (passage en Haute-Marne): Bazoilles-sur-Meuse, Harréville-les-Chanteurs, Goncourt (le village des auteurs du prix, les frères Huot)...
Les paysages agricoles restent sages, ordonnés, sillon après sillon... A Clefmont, on pourra admirer quelques vieilles maisons, blotties au pied des ruines du château. A quelques lieues de la N74, le village de Vroncourt, patrie de l'égérie de la Commune, Louise Michel... Rien de spectaculaire dans cette haute vallée de la Meuse, mais juste cette certitude, tenace, d'être, au fil du chemin, toujours proche d'une histoire... de la Grande Histoire!! c'est ça la France... A Montigny-le-Roi, on laisse le bassin de la Meuse pour redescendre vers celui de la Marne. La route traverse le réservoir de Charmes, créé pour alimenter le canal de la Marne à la Saône. Après Bannes, la route traverse la Marne, le canal et la ligne de chemin de fer Paris-Bâle.
On arrive devant Langres, magnifique cité fortifiée juchée (vues immenses) sur le rebord d'un plateau que l'on dit ("à la météo") comme étant l'un des endroits parmi les plus frisquets de France... Ici, en 1959, la route nationale 74 croise la N19 (Paris-Bâle) et la N67 (Besançon-Pontarlier-la Suisse). Si l'on est resté fidèle à la carte 1959, il faut d'ailleurs emprunter quelques kilomètres de cette dernière pour continuer notre trajet vers Dijon. On quitte le plateau de Langres par une longue descente peu avant Longeau-Percey. C'est là que N74 et N67 se séparent. La route de Dijon traverse le lac-réservoir de Villegusien (Vingeanne) avant d'entamer une longue suite de lignes droites réellement interminables nous menant en Côte d'Or dans le bassin de la Saône. Avant l'arrivée à Dijon, on notera toutefois le passage à Til-Châtel (église romane et maisons anciennes) et à Norges-la-Ville. Nord-dijonnais: l'enfer des rond-points Entrer en 2009 dans la partie nord de la capitale des ducs de Bourgogne par la nationale 74 historique se révèle être une épreuve pour l'amateur du vieux macadam. C'est quasiment une ville nouvelle qui s'est élevée en ces contrées. routes à quatre-voies, rond-points, bureaux design et, évidemment centres commerciaux tout voiture ont, ici, détruit l'ancienne vision de Dijon... Tant mieux pour le business, tant pis pour les nostalgiques et les adeptes du voyage lent. A Dijon, la N74 rencontre la N5, la route blanche que les amateurs de ce site connaissent bien. La rencontre entre les deux axes se faisait aux alentours de la gare de la ville.
Pour sortir de la magnifique cité des ducs de Bourgogne, on emprunte l'avenue Jean-Jaurès. Au passage, on jetera un oeil sur le port du canal de Bourgogne et son original obélisque... Le canal proprement-dit est enjambé un peu plus loin, au niveau de la bifurcation vers la Route des Grands Crus (D122) allant vers Chenôve et Marsannay, un détour plus que recommandé. Sur à peine plus de cinquante kilomètres, la route va longer les vignobles les plus prestigieux du monde. Nous voilà au royaume du pinot noir et du chardonnay, les deux cépages phares du vignoble bourguignon. A Chenôve, on pourra visiter de vieux pressoirs du XIIIe siècle. A la hauteur de Fixin, l'automobiliste remarquera un vieux mur Michelin, conviant le touriste à s'orienter vers le parc Noisot et son monument de bronze, Napoléon s'éveillant à l'immortalité (rien que ça!!)... La longue litanie des inoubliables noms de cette côte des vins se poursuit: Gevrey-Chambertin, Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Vougeot... Non loin de ce dernier village, au beau milieu d'une mer de vignes (50 ha), se trouve le Clos-Vougeot, château du XVIe siècle, devenu l'emblème de la Bourgogne viticole. Après un passage au large de Vosne-Romanée (le cru de romanée-conti est universellement connu), c'est l'entrée dans le bourg de Nuits-Saint-Georges, capitale des côtes de nuits, la partie nord du vignoble côte d'orien. On sort de la ville par la route de Beaune. Quelques kilomètres au sud, se trouve la localité de Comblanchien, connue pour ses carrières, qui recèlent une pierre d'excellente qualité (on en trouve à Paris pour les gares de l'Est, de Lyon, Saint-Lazare, le Sacré-Coeur, le palais de Chaillot... et même sur les édifices new-yorkais!).
Retour aux vins avec Aloxe-Corton, qui inaugure le vignoble des côtes de beaune (les vignobles y produisent des vins hors du commun: corton, clos-du-Roi-Corton, les renardes-corton, les chaumes...). On passe Ladoix-Serrigny puis on entre dans Beaune par la rue du Faubourg-Saint-Nicolas. Cette sous-préfecture de Côte d'Or a tapé dans l'oeil du Guide Bleu Bourgogne Lyonnais 1965: voilà une agglomération possédant "le charme inexprimable d'une de nos plus exquises petites cités françaises"... Le voyageur amateur de vieille pierres n'hésitera pas à visiter le magnifique Hôtel-Dieu (XVe siècle), un des décors du célèbre long-métrage La grande vadrouille. Le "vadrouilleur" des nationales historiques s'intéressera, lui, à la position de carrefour de la ville: N74 évidemment, mais aussi N73 (Moulins à Bâle) et N470 (de Semur-en-Auxois à Lavans-les-Saint-Claude), deux axes sillonnant les rondeurs de notre "cher" Jura... La sortie de Beaune se fait par la rue du Faubourg-Bretonnière. La nationale 74 (D974) emprunte une partie du trajet de la N73 (D973) jusqu'à un carrefour situé non loin de la sortie de la cité. Il faut prendre la direction de Chagny. Voilà L'Hôpital-de-Meursault, où se trouvent les restes d'une léproserie fondée en 1180. Corpeau est le dernier village traversé avant Chagny. Là, dans cette petite ville installée aux avant-postes de la Saône-et-Loire, la N74 historique rencontre la nationale 6 (D906 aujourd'hui) de Paris à l'Italie. C'est également à Chagny que la N74 s'arrêtait jusqu'à l'an 1929. Pour relier le bassin minier de Montceau et les centres industriels du Creusot au réseau national, la RN74 fut -à l'époque- prolongée (de 1929 à 1973) vers les environs de Paray-le-Monial par utilisation de la route longeant le canal du Centre. On s'extrait maintenant de Chagny par la rue de la Bouthière. A la sortie du village de Remigny, une petite route permet de "repasser" en Côte d'Or pour aller au village de Santenay. L'endroit a la particularité de posséder un casino au milieu des vignes. Le canal est dorénavant suivi au plus près par la nationale: la route, étroite et sinueuse, épouse avec diligence les méandres du canal du Centre. Voilà Saint-Léger-sur-Dheune, où la N74 historique croise la N78 (D978) Nevers-Saint-Laurent-en-Grandvaux.
A la hauteur de Montchanin, la chaussée longe de nombreux étangs placés sur la ligne de partage des eaux Océan-Méditerranée. Ceux-ci servent à l'alimentation du canal, qui zigzague nonchalamment entre les collines peu prononcées de la région. Euh... en parlant du macadam, lui aussi, dans le coin, se fait vraiment nonchalant... L'ancienne nationale n'est plus qu'une voie annexe, dominée par le remblai de la "route express" de Chalon à Paray. Bon, nous on préfère voisiner avec les canards... affaire de choix. Blanzy, Montceaux-les-Mines. Le décor est post-industriel: les mines de houille ne font plus recette. Ah, tiens, il reste dans le coin quelques anciennes bornes de la nationale, maladroitement teintées de jaune, pour certaines d'entre-elles.
Le canal puise désormais son eau dans la Bourbince, une petite rivière qui va nous tenir compagnie jusqu'au bout du trajet. Après Ciry-le-Noble, voici Génelard, ancien bourg industriel (ah, la belle usine!), où notre nationale bucolique croise la route buissonnière, la nationale 485 (D985 en 2009) qui remonte des environs de Lyon. La fin du trajet est tout aussi paisible. Loin du trafic de poids lourd des axes principaux, l'ancienne N74 s'achève tranquillement au large de Paray-le-Monial non sans avoir longé de vieilles implantations industrielles émouvantes et le château de Digoine (1735) que l'on aperçoit sur le flanc de la douce -très douce- vallée de la Bourbince... Aux meilleurs instants de sa "vie" (1929-1973), la route nationale 74 était longue de pas loin de 415 km, ce qui en faisait l'une des plus belles transversales de l'Hexagone.
Marc
Verney (mars 2009)
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