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La route nationale 31 quitte Gournay par l’avenue de la Gare et la «route de Beauvais» en traversant le ruisseau d'Auchy et, au niveau du lieu-dit le Grand-Pré, la ligne de chemin de fer de Saint-Denis à Dieppe ouverte en 1870 mais fermée en 2024. Il n’y a que trente kilomètres entre Gournay et Beauvais. La route passe d’ailleurs très vite dans l’Oise. En 1846, le Dictionnaire topographique et statistique de ce département signale une «route royale de troisième classe, portant le n°31». Une information que l'on prélève aussi dans l'article «Le pays de Bray: un lieu de mémoire», qui mentionne la construction, durant la première moitié du XIXe siècle, de la route «Rouen-Beauvais-Reims» qui facilite «l'accès à la ville-marché de Gournay». Que de petits hameaux le long de ce trajet. La carte d'état-major (1820-1866) publiée par le Géoportail de l'IGN montre des choses intéressantes: un étang asséché, des briqueteries, une auberge juste avant le lieu-dit Vivier-d'Angers (Danger aujourd'hui), Ce lieu-dit doit son nom aux «viviers ecclésiastiques et seigneuriaux qui étaient consacrés à l’élevage des carpes»; les poissons capturés, raconte le site du village onsenbray.fr, étaient mis au frais puis conduits à Paris par des courriers spéciaux. Les travaux d’assèchement de la région datent du XVIe siècle, ce qui a permis l'installation de fermes isolées. Un virage nous emmène au lieu-dit le Pont-qui-Penche (commune d’Ons-en-Bray). Il faut laisser de côté le contournement de Beauvais (2008) qui s’annonce à ce moment pour suivre la direction de Goincourt par la D931. En 1870, écrit l'Annuaire statistique et administratif du département de l'Oise et du diocèse de Beauvais, on améliore les pavages de la traverse de Saint-Just-des-Marais, peu avant Beauvais, et on recharge les chaussées les plus faibles «dans la section comprise entre la limite de la Seine-Inférieure et Beauvais». Ces travaux, écrit plus loin l'annuaire, vont permettre de maintenir «en état de viabilité une chaussée dont l'extrême faiblesse n'aurait pu résister aux transports exceptionnels que va occasionner la construction du chemin de fer de Beauvais à Gournay». Quand le rail «sauve» la route! Sans entrer dans Goincourt, la voie historique arrive dans Beauvais par les rues de Saint-Just-des-Marais et du Général-Leclerc. Une «voie pénétrante» (l’avenue Jean-Mermoz) a été réalisée plus au nord de l’agglomération à la fin des années soixante, précise Wikisara.
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R.N.15:
UN TOUR DANS LA MANCHE...
La route de Paris à Dieppe file droit dans un bouton...
avant de tomber dans la Manche! Ce n'est pas une plaisanterie, voyez
plutôt... En route pour 135 km d'aventures. (lire) |
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R.N.30:
LA CONQUETE DE L’EST
Entre Rouen et La Capelle, la R.N.30 historique traverse la France des champs, vaste et sans limites apparentes. Amoureux des cîmes s'abstenir... (lire) |
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| Ancienne plaque de cocher aux Landrons (photo: Marc Verney, mars 2026). |
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| Panneau Michelin vu à Beauvais, dans la rue de Saint-Juste-des-Marais (photo: Marc Verney, septembre 2006). |
Bâtie sur un site marécageux traversé par le Thérain et l’Avelon, Beauvais voit le jour au début du Ier siècle. La localité, écrit sites-cites.fr, «prend d’abord le nom de Caesaromagus "Le Marché de César", avant d’être rebaptisée Civitas Bellovacorum, la "Cité des Bellovaques", dénomination à l’origine de son nom actuel». Voyons cette description de la cité en 1898 dans L’Oise autrefois: «Beauvais est un de ces villes dont les approches sont heureuses et riantes. La couronne des remparts, qui, si souvent, joua un grand rôle dans notre histoire nationale, est tombée. Sur cet emplacement, d’admirables rangées d’ormes, des jardins, des parterres fleuris dessinent une ceinture ombreuse. La ville apparaît comme dans une corbeille de verdure». Ce paysage disparaît à tout jamais du 5 au 10 juin 1940: un bombardement allemand dévaste les deux tiers de la vieille ville. Carrefour routier idéal entre Champagne et Normandie mais aussi entre la région parisienne et l’Angleterre, la cité fait partie à la fin du XIIe siècle d’une union commerciale de quinze villes. Celle-ci est en relation avec les grandes villes de foire en Champagne. Plus tard, à l’approche du XVIIIe siècle, Beauvais, qui possède une forte industrie textile, reste une ville peu pratique, mal pavée, mal éclairée. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, rapporte Wikipédia, la ville s'ouvre sur l’extérieur avec l'aménagement des boulevards à l'emplacement de l'ancien rempart médiéval. Puis des édifices publics, comme l’hôtel-Dieu, le lycée Félix-Faure, la gare, sont bâtis. C'est en 1942 que Georges Noël, l'architecte-urbaniste beauvaisien, premier grand prix de Rome, fut choisi pour réaliser le plan de reconstruction et d'aménagement de Beauvais, ravagée par la guerre. Mais les travaux ne débutèrent qu'en 1947. On quitte Beauvais par la rue de Clermont.
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R.N.1: LES PETITES ANGLAISES
La RN1 de 1959 relie Paris à Calais en passant par Beauvais, Abbeville, Boulogne... Une charmante virée sur la route des petites anglaises! (lire) |
Pas facile, au XXIe siècle, de se dépatouiller du spaghetti d’échangeurs une fois passées les dernières maisons de Beauvais… La rue de Clermont est, en effet, coupée par l’autoroute A16 non loin de Wagicourt. Après, l'ancienne chaussée, c'est la rue du Général-de-Gaulle qui nous propulse jusqu'à Therdonne, aux côtés de la voie rapide N31 (mise en service en 1988). On longe le mont de Bourguillemont pour aller vers Bresles. Entre Beauvais et Clermont, la carte de Cassini (XVIIIe) publiée par le Géoportail de l'IGN montre un chemin louvoyant frôlant Bresles et un «cimetière des Champs» dont l’histoire a perdu la trace. La route du XIXe file beaucoup plus droit en entrant dans Bresles, ancienne résidence d'été des évêques de Beauvais, par la rue du Petit-Chantilly, comme notre R.N.31 de 1959. Au sud du village, on trouvait de nombreuses tourbières. En 1830, lit-on dans le Précis statistique sur le canton de Nivillers, cité dans la Revue forestière française, La commune de Bresles est la plus riche du département, la vente de la tourbe lui rapportant un revenu de 20.000 à 30.000 francs-or par an. «Les tourbes de Bresles alimentent toutes les usines et manufactures de la ville de Beauvais et des lieux voisins», indique le document. Plus loin, voilà venir la Rue-Saint-Pierre. L'encyclopédie en ligne Wikipédia indique l'année 1791 pour la construction de la rue de Courlieu, ancienne R.N.31 et actuelle chaussée traversante de la petite localité. Peu après, apparaît la Neuville-en-Hez, en lisière de la forêt de Hez-Froidmont. «La route royale de Rouen à Reims traverse le village et la partie basse de la forêt», écrit en 1838 le Précis statistique sur le canton de Clermont. Cet ouvrage apporte de nombreuses informations sur la route n°31. Tout d'abord ceci: «Il n'y avait pas, avant l'établissement de la route n°31, de communication directe entre les villes de Beauvais et de Compiègne en passant par Clermont. On suivait la chaussée Brunehaut qui traverse Litz et la forêt de Hez au-dessous d'Etouy». Le document est une véritable mine d'or pour les amateurs d'anciennes chaussées. Les années de fabrication du ruban empierré et pavé se succèdent avec une grande précision: «Sa création fut arrêtée en 1762 sous le nom de "route de Compiègne en Normandie"». Avant la Rue-Saint-Pierre, c’est réalisé en 1775. Puis, jusqu’à la Neuville-en-Hez, c’est 1791, comme nous l’avons écrit précédemment. On voit les écarts fantastiques qui séparent les chantiers: la section entre la Neuville-en-Hez et Gicourt, peu après la forêt n’est achevée «que dans les années 1818 à 1819»... Et enfin, la partie de Gicourt à Clermont avait été réalisée en 1792. La nature des matériaux utilisés pour confectionner le revêtement est également détaillée. De douze à quatorze mètres de largeur, «la route est construite en cailloux de silex jusqu'à Rue-Saint-Pierre, ensuite en pavé sur une longueur de sept cent trente mètres, après laquelle on retrouve le cailloutis jusqu'à la travere de Neuville-en-Hez; la chaussée est en pavé de grès calcaire depuis ce village jusqu'à Clermont». Le Précis statistique sur le canton de Clermont est bien d'une précision extrême! Des données si intéressantes qu’elles nous montrent que la route de 1838 et celle de 1959 empruntent les mêmes tracés...
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R.N.16:
LE COEUR AU NORD
La RN16 de 1959 relie Pierrefitte-sur-Seine à Dunkerque en passant
par Creil, Clermont, Amiens et Doullens. Nous voilà à la rencontre des Ch'tis! (lire) |
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| Ancienne plaque de cocher à Nointel(photo: Marc Verney, mars 2026). |
La chaussée de 1838 évitait le centre de Clermont et suivait l’actuelle avenue Gambetta (la R.N.31 de 1959). Là encore, le Précis est précis: «La route a été construite en 1823 dans ses dimensions actuelles entre L'Equipée et le Pont-de-Pierre. Quant à la levée de la vallée de la Brèche, et à son prolongement jusqu’à la croix Saint-Fouache, ils furent faits en 1728 aux dépens du domaine de Becquerel pour faciliter les communications entre le duché de Fitz-James et le marquisat de Nointiel». Avec son donjon situé «sur une colline dominant la Brèche de 60 m», nous dit le Guide Bleu de 1954, voilà la petite cité de Clermont dont «l'origine semble pouvoir remonter aux alentours du Xe siècle», précise le site clermont-oise.fr. Fortifié au Moyen Age, le bourg conserve tout au long des âges une certaine importance administrative… En 1702, poursuit le site internet de la ville, «le comté est racheté par la princesse d’Harcourt qui obtient du roi le déclassement du château en tant que place forte l’année suivante. Cette décision va permettre des aménagements urbains» comme la destruction des murailles et l’améliorations des circulations. Après Clermont, la section «d'Avregny et de Choisy-la-Victoire a été construite en 1823 et 1824» écrit le Précis statistique sur le canton de Clermont (1838). On remarque d’ailleurs que ce tronçon (plus au sud de la route actuelle) jusqu’à Compiègne est mentionné «en projet» sur la carte de Cassini (XVIIIe) publiée par le Géoportail de l'IGN. Les environs de Clermont après la vallée de la Brèche sont envahis par les chaussées bitumées des nouvelles N31 et D1016 multivoies. On virevolte donc entre les ronds-points avant de revenir sur le tracé historique de la R.N.31 (D931) vers Nointel, une appellation qui signifierait «petit village nouvellement créé». C’est là, dans la région, qu’éclate la «Grande jacquerie» au milieu du XIVe siècle. Portés par la forte misère du peuple, les révoltés se heurtent le 12 juin 1358 aux troupes de Charles le Mauvais entre Nointel et Catenoy. Sur environ 4000 Jacques, écrit Wikipédia, plus de 3000 y sont massacrés ou pendus en ce lieu qui porte toujours le nom de «Champ-de-Bataille». Plus loin encore, la voie frôle Avrigny et croise la R.N.17 (D1017) de Paris à Lille au carrefour du bois de Lihus. Le Précis statistique sur le canton d’Estrées-Saint-Denis nous donne quelques indications supplémentaires: «Livrée à la circulation en 1825, la route royale n°31, qui croise la route royale n°17 à 350 m au midi du relais du Bois-de-Lihus», a été «construite à grand frais depuis dix ans». En 1958, voit-on sur la carte Michelin n°56, le carrefour est aménagé. Depuis 1974, c’est un vaste rond-point. Il reste à parcourir une quinzaine de kilomètres jusqu’à Compiègne.
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R.N.17: LE TOUR DES BEFFROIS
La RN17 de 1959 relie Le Bourget à Lille en passant par Senlis, Péronne, Cambrai et Douai. Cap au nord pour une route qui file droit sur la métropole lilloise. (lire) |
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| Ancienne plaque de cocher dans le village d'Arsy (photo: Marc Verney, mars 2026). |
Le seul village d’importance sur ce trajet est Arsy. Manque de chance, il est désormais contourné depuis 1965 (Wikisara). Enfin, quand on constate l’étroitesse de la rue principale (la rue de Picardie)… on est néanmoins ravis pour les habitants! De l’autre côté de l’autoroute A1, on croise le lieu-dit la Montagne (102 mètres!). De là, deux longues lignes droites mènent à Venette, quasi faubourg de Compiègne. Peu avant, hélas, la route historique disparaît sous un amoncellement de ronds-points et d’échangeurs… Et, si on réussit à faire un bel effort d’orientation pour récupérer les rues de la République et de Compiègne, nous voici bloqués plus loin par le chemin de fer… On ne récupère la rue de Clermont, vers la gare, en bord de l’Oise, qu’après un long détour fastidieux. En 1358, raconte le site venette.fr, le bourg «est brûlé par les Navarrais, puis en 1430 par les Anglais, lors du siège de Compiègne où Jeanne d’Arc fut arrêtée. Le village est brûlé une dernière fois par les armées prussiennes en 1814». Mais c’est à Compiègne que nous traversons l’Oise sur le pont Louis-XV. Rattachée sous l’Empire romain à la province de Belgique seconde, la région de Compiègne demeure, dans l'Antiquité, essentiellement agricole. Il n'y pas d'agglomération, «juste un habitat rural proche de la voie conduisant d’Augustomagus (Senlis) à Augusta Suessionum (Soissons), dite plus tard chaussée Brunehaut», écrit la Société historique de Compiègne sur le site -très documenté- histoire-compiegne.com. Au IXe siècle, l'empereur Charles le Chauve, qui veut créer une cité rivale d’Aix-la-Chapelle, voit en Compiègne un lieu idéal pour ses ambitions. Du coup, associée à la couronne de France dès l'avènement des Mérovingiens, tous les souverains, amoureux de la chasse, pratiquement jusqu’à Napoléon III, y séjourneront dans ses murs. Carrefour commercial important au confluent de l'Oise et de l'Aisne, la ville, place importante de négoce du vin vers les pays du Nord, voit converger les marchands de toute l’Europe, entre le XIIe et le XVe siècle. Très tôt, on y constate des épisodes forts de la vie politique du royaume: Jean le Bon y signe en 1360 l’ordonnance créant le franc, puis Louis XV, traitant avec la République de Gênes, y décide le rattachement de la Corse à la France en 1756 et 1764, écrivent les historiens compiégnois. Mais l'épisode qui demeure dans les mémoires, c’est celui de Jeanne d’Arc, venue repousser les Anglo-Bourguignons assiégeant la cité fidèle à Charles VII, et qui, capturée devant ses murailles le 23 mai 1430, finira brûlée vive à Rouen, le 30 mai 1431.
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| Près de la Vache-Noire (photo: Marc Verney, mars 2026). |
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R.N.32:
LA DIRECTE DU NORD
De Senlis à la frontière belge , la R.N.32 historique nous emmène -en deux tronçons- en direction du pays de la frite et de la bonne bière. Au passage, on traverse de magnifiques forêts... (lire) |
C'est Louis XV qui est à l’origine de la modernisation de l’agglomération. Il a effectivement provoqué des transformations qui marquent encore le tissu urbain actuel. Ainsi, c'est sous son règne (1733) qu'est édifié le Pont-Neuf à trois arches sur l'Oise, qui remplace un vieil ouvrage datant de Philippe-Auguste; élargi au tournant des XIXe et XXe siècles, il subsistera jusqu'à la fin du mois d'août 1914, date à laquelle il sera détruit par le génie militaire français devant l'avancée des troupes allemandes. Le pont Séjourné le remplace en 1926... A nouveau détruit durant le second conflit mondial, l'ouvrage est remplacé par des ponts provisoires réalisés par les Français, les Allemands, les Américains... ces derniers se serviront largement du passage sur l'Oise pour faire «monter» vers la Belgique un ravitaillement indispensable à la victoire difficile de la bataille des Ardennes. Enfin, en 1949, l’architecte compiégnois Jean Philippot établit l’ouvrage actuel sur le modèle du pont Louis XV mais à deux arches seulement. On quitte la ville par la rue de Soissons puis l’avenue de l’Armistice qui s’engouffre dans les 14.937 hectares de la forêt de Compiègne. La carte de Cassini (XVIIIe) n’y montre que des chemins alors qu’une belle allée agrémentée de ronds-points en fait le tour sur la carte d’état-major du XIXe (1820-1866) publiée par le Géoportail de l’IGN. «La section au-delà de Compiègne, écrit le Précis statistique sur le canton de Compiègne, est large de vingt mètres, elle fut pavée en 1770 à l'occasion du mariage de Louis XVI». La route de 1959 ne fait que suivre ces anciens tracés. On va côtoyer la vallée de l’Aisne jusqu’à Soissons (38 km). Voici tout d’abord Trosly-Breuil, puis Breuil, Couloisy… Les petits bourgs se succèdent le long d'une chaussée aujourd'hui très passante. Peu après le lieu-dit Maison-Blanche, notre R.N.31 historique se rapproche de l’Aisne à Jaulzy. La carte de Cassini (XVIIIe) nous y montre un relais de poste, un cabaret et un bac pour rejoindre Attichy, de l’autre côté des eaux. Il s'agissait du «seul relais de la poste et des diligences entre Compiègne et Soissons», signale le site jaulzy.fr. Avant d’arriver dans le faubourg Saint-Christophe de Soissons, notre chemin croise plusieurs lieu-dits aux noms évocateurs: «Maison-Neuve», «Maison-Blanche», «Maison-Bleue», «Maison-Rouge»… Puis c'est la rue Saint-Christophe qui nous emmène droit sur les bords de la rivière Aisne. Cette voie, indique le site grandsoissons.com, «s’inscrit dans le tracé de la cité gallo-romaine Augusta Suessionum. Déjà fréquentée à l’Antiquité, elle suit l’axe ouest-est du Decumanus, voie principale des villes romaines». Plus tard, au Moyen Age, «la rue devient un véritable carrefour économique. Elle accueille de nombreux métiers et artisans qui contribuent à la vitalité de la ville: cordonniers, tisserands, cultivateurs». Elargie au XIXe siècle, on y trouve l'un des établissements parmi les plus emblématiques de Soissons, l'hôtel de la Croix-d'Or, ouvert dès le XVIe siècle et fermé en 1973. Réputé pour son confort moderne au tout début du XXe siècle, «il figurait dans les guides les plus prestigieux comme le Touring Club, Michelin ou l’Automobile. Il offrait des prestations rares pour l’époque: chauffage central à vapeur, électricité, garage pour voitures et même un service en anglais, prisé des voyageurs étrangers», raconte encore grandsoissons.com.
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R.N.2:
LA BELGIQUE EN DROITE LIGNE
La route nationale 2 relie Paris à Maubeuge et conduit,
chez nos voisins belges, à Mons puis à Bruxelles. En passant
aussi par Laon, la belle cité juchée sur sa butte
imposante. (lire) |
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| Plaque de cocher à Soissons (photo: Marc Verney, décembre 2012). |
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| Panneau Michelin préservé à Trosly-Breuil (photo: Marc Verney, mars 2026). |
Carrefour et relais entre Amiens et Reims sur la voie stratégique Milan-Boulogne dès le Ier siècle, la ville antique, fondée vers 20 avant JC, est implantée en rive gauche de l'Aisne, sur des terrains protégés des eaux. Resté «territoire d’influence romaine» sous la direction des généraux Aetius, puis Aegidius et Syagrius durant le déclin de l’Empire, Soissons est attaquée à partir de 481 par Clovis, roi des Francs saliens. Syagrius est battu en 486 lors de la bataille de Soissons, qui donnera lieu par la suite à la fameuse légende du vase. Ville royale des Carolingiens, Pépin le Bref s’y fait élire roi en 751. Plus tard, à la fin du Xe siècle, les mentions de Soissons «se raréfient», indique Dominique Roussel dans l’article «Soissons» (1999). Au Moyen Age, «la ville connaît la prospérité aux XIIe et XIIIe siècles», qui y ont laissé de nombreux édifices gothiques, mentionne Wikipédia. Hélas, mille fois hélas pour cette ville, on se situe là sur l’axe des invasions et les troupes qui envahissent la France semblent toutes se donner rendez-vous à Soissons… 1814, 1815, 1870, 1914, 1918, 1940… autant de dates fatidiques qui symbolisent souvent le martyre de la cité et le drame français. A la fin de la Grande Guerre, Soissons n’est plus qu’un amoncellement de décombres. Sur les 3000 immeubles existants en 1914, seuls 800 sont considérés comme réparables quatre ans plus tard. Car le front passe aux portes de la ville pendant trois ans, entre septembre 1914 et mars 1917. Soissons est même prise par les troupes allemandes en 1918! Au niveau du faubourg de Reims, voici l’avenue du même nom qui nous permet de prendre la direction de Venizel. Jusqu’à Reims les 57 kilomètres de notre chemin sont parfaitement dessinés sur la carte de Cassini (XVIIIe), tout comme sur les cartes d’état-major du XIXe (1820-1866) et sur celle des années cinquante publiées par le Géoportail de l’IGN. On est là sur un axe ancien: des sources anciennes, la Table de Peutinger et les Itinéraires d'Antonin, attestent de l'existence d'une voie antique allant de Soissons à Reims suivant un tracé qui recoupe souvent celui de la R.N.31 historique. Ce fut aussi la route des rois de France, en route depuis Paris, pour se faire sacrer à Reims...
VOIES ANTIQUES, C'EST DU SOLIDE! «Ouverte par une assez large échancrure auprès de Bazoches, la chaussée a permis l'étude facile de son système de construction. Sa première couche, stratumen, d'environ 40 cm d'épaisseur, et reposant sur une terre rapportée, pavimentum, vigoureusement tassée par le battage, épaisse de 40 cm, est formée de moellons de pierres grossièrement taillées et noyées dans des débris de carrière ou cran dans le patois local. la seconde, ruderatio, est épaisse de 40 cm aussi et se compose des mêmes matériaux garnis de grève ou sable arénaceux. La troisième, nucleus, ayant une épaisseur de 50 cm, montre la pierre dite cliquart (calcaire grossier supérieur et assez dur du plateau de nos montagnes), assise entre deux lits très mince de sable ferrugineux et rougeâtre. Enfin, la quatrième couche superficielle, summa crusta, offre un mélange de grèves, pierrailles, silex de petite taille, le tout ayant environ 10 cm d'épaisseur et lié par un rapport ou semis de terre végétale prise sur les rebords mêmes de la chaussée»...
Source: Antiquités et monuments du département de l'Aisne, Edouard Fleury, chez H. Menu, libraire (1877) |
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| Portion délaissée de la R.N.31 historique vers Sermoise (photo: Marc Verney, mars 2026). |
On entre dans Sermoise par la rue de la Renaissance alors que le contournement moderne enrobe le bourg par le nord. Le nom de ce village, indique Wikipédia, vient de Sarmatia, du nom de la tribu des Sarmates, dont certains membres ont été installés en ce lieu au IVe ou Ve siècle comme auxiliaires de l'armée romaine, et participants à la sécurité des routes. On va suivre la vallée de la Vesle jusqu’à Reims. A peu de distance de Sermoise, voici le carrefour de la Demi-Lune; on y voyait effectivement un rond-point sur la carte d'état-major du XIXe siècle (1820-1866) publiée par l’IGN. On suit de près la voie ferrée Soissons-Reims (et Charleville) concédée en 1857 à la Compagnie du chemin de fer des Ardennes et de l'Oise, puis mise en service le 16 avril 1862. Peu avant Braine, la R.N.31 historique fait un brusque virage au nord en coupant le chemin de fer et en passant la Vesle. La voie rapide contemporaine évite Braine et Courcelles-sur-Vesle par le sud. Nous prenons la direction du centre-ville avec les rues Saint-Rémy et du Martroy. Nous sommes ici à quelques kilomètres du terrible «chemin des Dames» où se déroulèrent parmi les plus violents des combats de la Première Guerre mondiale, d'avril à octobre 1917. A Braine, se trouve une nécropole qui contient les corps de soldats originaires du Slesvig, un territoire danois annexé par la Prusse et dont les hommes durent servir dans les rangs allemands, dit le site braine.fr. Ce cimetière militaire contient soixante-dix neuf tombes de ces hommes, un peu des «malgré-nous» du Nord, tombés sur le sol de France.
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| Vieux panneaux à Paars (photo: Marc Verney, mars 2026). |
L'Histoire de Braine et de ses environs (1846) mentionne l'existence d'une pierre milliaire romaine «qui marquait les distances» entre «Fismes et Braine», mais «le temps en a effacé les marques». Une «chaussée Brunehaut» (dénomination de voie antique) est d'ailleurs visible sur la carte d'état-major du XIXe siècle (1820-1866), publiée sur le Géoportail de l’IGN, au nord de Braine entre Sermoise et Courcelles. On retrouve la voie rapide peu après Courcelles-sur-Vesle. On est à dix kilomètres de Fismes. La R.N.31 longe les villages de Paars (au nord) et de Bazoches (au sud). L’ancienne chaussée du XVIIIe (et chaussée Brunehaut) siècle passait par Fismette avant d'obliquer au sud pour traverser la Vesle peu avant Fismes (rue Hildebert-Lefèvre). Sur la carte d’état-major du XIXe (1820-1866) publiée par l'IGN sur le Géoportail, la route nationale historique passe, elle, la Vesle, en filant tout droit dans Fismes par la «route de Soissons» puis par le faubourg de Soissons. «C'est sur la rive droite de la Vesle, écrit le site fismes.fr, que naît un petit village qui a pour nom Ad Fines Remorum, ce qui signifie "fin du Territoire des Rèmes"». En effet, la région se trouvait à la jonction des peuples des Rèmes (Reims) et des Suessionnes (Soissons). Plusieurs fois détruite au IXe siècle, par les Normands, puis par les Hongrois, l’agglomération de Fismes rejoint les hauteurs de la rive gauche. En 1226, Thibault IV le chansonnier fait de Fismes une ville libre, poursuit le site municipal. La cité, placée sous l’égide d’un maire et de deux échevins, échappe ainsi à la tutelle d’un seigneur. Son artisanat, son commerce, ses foires et ses marchés se développent. Les conflits, comme la guerre de Cent Ans ou la Fronde ruinent cependant la petite ville. De Louis XIII à Charles X, presque tous les futurs rois de France en route pour le sacre de Reims passent par Fismes, qui est la dernière étape du voyage. Le XIXe siècle apporte une industrialisation galopante: «Sucreries, porcelaine de Fismes, fonderie, chemin de fer, chapellerie, tanneries, moulins, jalonnent l’histoire économique du siècle», écrit encore fismes.fr. La ville est totalement rasée en 1918 par les troupes allemandes en retraite. Une voie de contournement autour de Fismes a été créée en 1974, dit Wikisara. On quitte les lieux par la «route de Reims».
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| Entre Jonchery-sur-Vesle et Fismes (photo: Marc Verney, mars 2026). |
Sept kilomètres plus loin, voilà Jonchery-sur-Vesle. Ici, les chaussées du XVIIIe, XIXe et XXe se superposent quasiment sur les cartes du Géoportail de l’IGN. «L’histoire de Jonchery-sur-Vesle est intimement liée aux événements militaires qui ont marqué la région», signale le site joncherysurvesle.com. Ainsi, pendant la Première Guerre mondiale, le village a été durement touché par les combats. Placé sur la ligne de front, il a été le théâtre de violents affrontements entre les forces alliées et les troupes allemandes, dit encore le site municipal. C’est aussi au-dessus de ce village (et Muizon à côté) que s'est déroulé, le 5 octobre 1914, le premier combat aérien de l'histoire. Des créneaux de dépassement entre Fismes et Jonchery-sur-Vesle ont été réalisé en 1973, raconte aussi l'encyclopédie des routes Wikisara. Un peu plus en avant, à la hauteur de Muizon, la carte d’état-major du XIXe publiée par le Géoportail de l'IGN montre une auberge. Le nom de ce village vient d’ailleurs du latin mutatio signalant un «relais de poste» où l’on change les chevaux. Du crottin au cheval-moteur il n’y a qu'un pas puisque notre route arrive à la hauteur de l’ancien circuit automobile de Reims-Gueux. Ce circuit routier, d'une longueur de 7,8 km était situé à la périphérie ouest de la cité champenoise, indique le site reims-tourisme.com. Constitué de routes départementales (D26 et D27) et d'une portion de la R.N.31, l'endroit fut utilisé pour la première fois en 1926 pour le premier Grand Prix de la Marne organisé par l'Automobile Club de Champagne. Plus tard, en 1938, l'Automobile Club de France l'utilise pour le Grand Prix de France, et la première course de Formule 1 officielle y est disputée en 1950. Le circuit a été utilisé pour la dernière fois par des Formule 1 en 1966. Les anciennes installations du circuit sont encore visibles sur la D27. Après la garenne (un lieu de chasse réservé au seigneur) de Gueux, voilà Thillois et Tinqueux, ce dernier village n’est d'ailleurs, dit Wikipédia, qu’un petit regroupement de fermes sur la voie romaine prolongeant l'axe est-ouest (decumanus) de la grande cité voisine de Durocortorum. C’est aujourd’hui, en raison de sa grande proximité avec Reims, la cinquième ville du département. On entre dans la sous-préfecture de la Marne par le faubourg de Vesle et l’avenue de Paris. On trouve ainsi aux archives de la Marne un plan du faubourg de Vesle (aussi appelé faubourg de Paris) montrant l'arrivée de la route n°31 de Rouen à Reims portant sur la reconstruction des ponts de la porte de Vesle en 1773. C’est là, en effet que l’on trouvait l'entrée de la ville qui franchissait l'enceinte défensive. C’est par cette porte que le futur roi de France pénétrait dans la ville de Reims pour les cérémonies du couronnement. Mais c'est au XIXe siècle que les choses vont le plus évoluer. Tout d'abord, en 1854, la ligne de chemin de fer entre Epernay et Reims coupe le faubourg d’est en ouest. Plus tard, en 1866, le canal de l'Aisne à la Marne est creusé. Il supprime la deuxième enceinte rémoise et les passages successifs de la porte de Vesle par la route n°31. En 1959, on poursuivait notre parcours rémois par la rue de Vesle. Elle est aujourd’hui piétonne.
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R.N.44:
LA NATIONALE PERDUE
Au sud de Saint-Quentin, se trouvent les vestiges d'une autostrade jamais achevée. Un site d'archéologie routière majeur que Sur ma route a visité pour vous... (lire) |
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R.N.51:
LA LOIRE DANS LA MEUSE
Depuis Orléans, la
R.N.51 de 1959 poursuit son chemin vers Epernay et Reims, monte vers la Belgique en flirtant avec les boucles de la Meuse à Givet (lire) |
REIMS AU XIXe SIECLE... «Journellement, la ville est parcourue par une infinité de voitures de commerce charriant des balles de laine, des échées, des tissus, des vins en cercles et en bouteilles; des omnibus et voitures de place transportent les voyageurs et habitants dans tous les quartiers de la ville; un grand nombre d'usines et d'ateliers reçoivent 10.000 ouvriers des deux sexes. (...) Aujourd'hui, les fumeux réverbères ont fait place au gaz brillant: des trottoirs, dans un grand nombre de rues, mettent le piéton à l'abri des voitures; un nouveau système de pavage remplace avantageusement l'ancien, l'eau est abondamment distribuée dans toutes les rues... (...) Enfin, des ordonnances de police prescrivent le nettoyage journalier des rues, qui n'avait lieu jadis que tous les huit jours». Source: Histoire de la ville de Reims, Edouard Fleury, Brissart-Binet, libraire de l'Académie inpériale (1861). |
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| Morne plaine... vers Suippes (photo: Marc Verney, mars 2026). |
Reims, la ville des rois... «Le baptême de Clovis, roi des Francs, par Remi, évêque de Reims, écrit le site reims.fr, eut lieu le jour de Noël 498 dans un baptistère dont l’emplacement est occupé aujourd’hui par la cathédrale Notre-Dame. C’est suite à ce baptême que Reims deviendra le siège du sacre des rois de France». Au total, ce sont 33 souverains qui se sont faits couronner dans la ville, le dernier en date étant Charles X, en 1825. L’ancienne Durocortorum, capitale gallo-romaine de la province de Belgique, devient Reims, et s’enrichit grâce à ses draps, toiles et autres produits textiles vendus sur les foires du sud de la Champagne et en commerçant avec la Hanse. «L’essor du champagne, à partir du règne de Louis XIV, vint compléter la gamme de ses productions», précise encore reims.fr. Beaucoup plus tard, au début de la Première Guerre mondiale, l’armée allemande entre dans Reims le 4 septembre 1914; et même si le centre-ville est rapidement libéré, le calvaire des habitants va durer trois ans et demi. Les Allemands, tapis dans les fortifications entourant la cité, vont se déchaîner: des centaines d’obus défigurent la cathédrale, et, au total, lit-on sur reims.fr, «la ville à elle seule concentre plus de 2% du total des destructions subies par la France». Cependant, la reconstruction avance très rapidement entre 1920 et 1925. En 1922 et en 1923 on délivre d’ailleurs à Reims plus de permis de construire qu’à Paris, signale le site municipal. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Reims, libérée le 30 août 1944, accueille le quartier général d’Eisenhower, installé dans un collège. C’est là que, le 7 mai 1945 à 2h41, le général Alfred Jodl, commandant suprême de la Wehrmacht, signe la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie. On sort de la ville par l’avenue Henri-Farman qui supporte le trafic -dense- de la D944, l'ancienne route nationale 44. Pour retrouver le tracé de notre R.N.31 historique, il faut aller jusqu’au carrefour qui se trouve après l'auberge d'Alger et les ruines du fort de la Pompelle, clé de voûte de la défense du secteur de Reims de 1914 à 1918. De là s’extrait notre R.N.31 historique (D931). Sur la carte de Cassini du XVIIIe visible sur le site de l'IGN, il s'agit du «chemin de Reims à Suippes» qui part vers l’Est en traversant le village de Baconnes. Peu après au lieu-dit les Deux-Maisons, la route de 1959 laisse partir à droite la voie antique de Bar-le-Duc, un «ancien chemin romain peu fréquenté», lit-on sur la carte de Cassini… Notre route doit ensuite contourner un camp militaire. «En février 1856, écrit le site mourmelonlegrand.fr, sur la volonté de l'empereur Napoléon III, le ministre de la guerre charge le général Rogner et le colonel Castelnau de procéder à des investigations en vue de créer un nouveau camp militaire. Celui-ci devra se trouver "dans un rayon de 30 à 40 lieues de Paris, dans un pays où la terre ne serait pas d’un grand produit, sur un terrain assez vaste pour qu’un corps d’armée puisse y être campé et y manoeuvrer librement, sans qu’il en résulte des indemnités considérables à payer"». Rapidement, Le choix de l’empereur se porte sur un terrain compris entre les rivières de la Suippe, de la Vesle, le ruisseau du Cheneu et la voie de Nevers à Sedan (R.N.77). Le camp est inauguré le 30 août 1857. La route de Suippes délaisse donc le village de Baconnes pour croiser, un peu plus au nord, les villages de Saint-Hiaire-le-Grand et Jonchery-sur-Suippes.
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| Panneau Michelin à Somme-Suippe (photo: Marc Verney, mars 2026). |
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R.N.77:
AUBE SUR LOIRE...
La
route nationale Sedan-Nevers traverse une grande partie
de l'est de la France. Ardennes, Champagne, Bourgogne... Un
trio de régions pour une superbe promenade! (lire) |
Le bourg de Suippes n’est plus qu'à sept kilomètres. On y arrive par la «route de Reims» qui croise presque immédiatement la R.N.77 historique (route de la Belgique à Nevers), désormais rétrogradée en D977. Nous voici en plein coeur de la «Champagne crayeuse». La petite cité, écrit Paul Joanne dans l'Itinéraire général de la France, Champagne et Ardennes (1885), «a été entourée au XVIe siècle d'une enceinte et de fossés, qui disparaissent de jour en jour. L'église, du style de transition, a été restaurée en 1862. Autour de la ville s'étendent une foule de jardins potagers». Aujourd'hui, située entre deux camps militaires de grande envergure, la ville de Suippes ne renie pas une vocation militaire bien affirmée… On quitte le bourg par l’avenue du Général-Leclerc et la «route de Somme-Suippe». Le village de Somme-Suippe abrite la source de la rivière Suippe dans un petit parc non loin de l'église. Il faut noter que, dans la toponymie champenoise, les lieux appelés somme désignent une «source». Le nom est dérivé du latin summus ou summa, qui signifie «point le plus haut». Plus loin, on croise les villages de Somme-Tourbe et de Somme-Bionne, dans lesquels naissent (donc) la Tourbe et la Bionne… Un environnement légèrement plus vallonné emmène la R.N.31 (D931) jusqu'à Valmy, dernier village traversé par la route de Gournay à Sainte-Menehould. L’ancien chemin, dessiné sur la carte de Cassini (XVIIIe) ne passait pas par Valmy, mais partait de Somme-Tourbe pour rejoindre les Maigneux et le lieu-dit la Lune sur la R.N.3 historique. Non loin de là, se trouvait un relais de poste isolé à Orbéval. La carte d’état-major des années cinquante évoque encore une «route des carrosses» pour cet itinéraire. Valmy… quel écolier n’a pas appris par cœur la date du 20 septembre 1792, le jour où les armées révolutionnaires ont tenu en échec la coalition des pays venus restaurer la monarchie absolue en France! Il n’y a pas de combats de masse à Valmy: l'intense canonnade des révolutionnaires et la timidité des troupes coalisées font basculer l'affaire en faveur des Français. A Paris, la Première République est fondée le lendemain. Goethe, présent sur le champ de bataille écrira que «de ce lieu, de ce jour, date une nouvelle époque de l’histoire du monde» raconte le site valmy1792.com. Notre R.N.31 historique s’achève donc sur un sol abreuvé d'histoire, après 247 kilomètres d’une promenade parfois «musclée» entre les rideaux de camions...
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| A l'intersection avec la R.N.3 historique. Une partie de l'ancienne R.N.31 fait partie de la «Voie de la liberté» (photo: Marc Verney, mars 2026). |
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R.N.3:
REJOUER LES TAXIS DE LA MARNE
La route nationale 3 relie Paris à l'Allemagne
en passant par Verdun et Metz. Que des terres de batailles mais
voilà, l'Est nous attire! (lire) |
Sur ma route, Marc Verney, septembre 2026
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