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Documentation utilisée: Environs de Paris n° 96 (Michelin 1977), Ile-de-France (Blay-Foldex), Atlas des grandes routes de France (Michelin 1959), Paris-Chaumont n° 61 (Michelin 1941), Atlas routier France (Michelin 2007), Guide Bleu des environs de Paris (Hachette 1928), Guide du Routard des weekends autour de Paris (Hachette 1999-2000).
Dans les
rues de Coulommiers:
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Belles
routes de France
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La route nationale 34 prend sa naissance à la porte de Vincennes. De là, elle se dirige tout d'abord vers Vincennes: "sortant de Paris par le cours et la porte de Vincennes, on suit tout droit l'avenue de Paris (route n. 34), pavée, qui longe à droite Saint-Mandé". On trouve encore, en ces lieux, au XXIe siècle, quelques anciennes signalisations Michelin, notamment sur le pourtour du bois de Vincennes. La cité de Vincennes, nous raconte le guide, "est par elle-même sans intérêt, mais son château et son bois attirent beaucoup de visiteurs". Plus loin on peut lire que "l'avenue de Paris sépare la ville, au nord, du château et du fort de Vincennes, au sud". Particulièrement spectaculaire est le donjon massif aux murs de trois mètres d'épaisseur. Les lieux sont habités par les rois de France jusqu'à Louis XV. Juste après Vincennes, la RN34 s'enfonce dans le bois pour rejoindre Nogent-s-Marne, où l'on arrive sur la vaste place Félix-Faure. De cet endroit, nous explique le guide, "on suit à gauche le boulevard de Strasbourg qui laisse à gauche le fort de Nogent et Fontenay-s-Bois; puis la RN34 traverse la partie nord du Perreux sous le nom de boulevard d'Alsace-Lorraine". La route s'approche de l'une des boucles de la Marne. Rien de bucolique cependant. Les paysages du XXIe siècles sont faits de mobilité et de légèreté. Inutiles après usage, les structures métalliques des entrepots et des garages rouillent... le bâti usé cotoie un centre commercial flambant neuf. Drôle de monde, brutal et incontournable.
Reprenons notre guide de 1928: "à Neuilly, se termine le canal de Chelles, long d'environ 9 km, creusé pour suppléer à la navigation de la Marne qu'il double sur la rive droite depuis Vaires en amont". Encore un peu plus loin, "la route passe entre les asiles d'aliénés de Ville-Evrard et de Maison-Blanche, appartenant à la ville de Paris". Plus intéressante est la description de la bourgade suivante: Chelles. Le guide nous signale qu'au lieu-dit le Camp des Sarrasins, "il a existé un groupement humain qui est parmi les plus anciens que l'on connaisse"... et que Chelles a donné son nom à une classification de l'âge quaternaire, l'époque chelléenne. Autre étrange lieu à Chelles: "à 200 m du pont du chemin de fer, dans un enclos invisible de la route, s'élève la pierre de Chilpéric, colonne du XIIIe siècle, élevée, d'après la tradition sur le lieu où Landry, poussé par Frédégonde", aurait, en 584, "tué Chilpéric". Bon. Au 19e kilomètre voilà la première mention de verdure... "la route passe entre les bois de Brou, à gauche, et les bois de Vaires, à droite". Puis, au 24e kilomètre, voici Lagny. La petite cité, "en amphithéâtre sur la rive gauche de la Marne, est reliée au bourg de Thorigny, sur la rive droite, par un pont que l'armée anglaise fit sauter en 1914 lors de l'avance allemande et qui a été refait en 1924, en ciment armé".
L'automobiliste du début du XXe siècle ne pourra en aucun cas reconnaître la portion suivante. Le paysage de cette région des bords de Marne a été totalement remanié dans le cadre de la construction de l'immense espace de loisirs Disneyland Paris. Le passé y est totalement mort, l'espace privatisé rêgne en maître, ainsi que le lotissement aux pavillons stéréotypés, dont les murs de béton triste pleurent leurs couleurs déjà délavées. Les loisirs sont, ici, préformatés, ouate d'artifices qui camoufle un certain vide... lié à notre mode de vie consumériste, il faut bien l'avouer! Alors, la voiture roule un peu plus... pour dépasser ces contrées peu attractives... Au 37e km, voilà Pont-aux-Dames, "hameau au débouché du vallon du Mesnil". Il y avait là une important abbaye. Celle-ci, détruite à la Révolution française, a hébergé Madame du Barry, en disgrâce après le décès du roi Louis XV. On trouvait aussi dans les parages, nous signale le Guide Bleu des environs de Paris 1928, la maison des Comédiens, la maison de retraite des artistes dramatiques, fondée en 1893 sous la direction du comédien Coquelin. Au 39e km, ahhhh... "Auberge du pont de Villiers, fréquentée par les pêcheurs et les peintres; la salle est ornée de peintures dont deux portent les signatures de Falguière et d'Yan". Bientôt s'annonce la petite localité de Crécy (la-Chapelle sur mon Atlas Michelin 2007; en-Brie, dans le Guide Bleu 1928): elle est "Située dans une boucle du Morin qui se divise en plusieurs bras; nombreux moulins", nous précise notre guide d'époque. Aujourd'hui, on donne plus d'emphase dans le commentaire touristique et Crécy est affublée dans le Routard Week-ends autour de Paris du glorieux surnom de "Venise de la Brie"...
Plus loin, la "route N34 s'élève sur le plateau puis redescend vers le Grand-Morin en laissant, à droite, Mouroux". On arrive, après avoir longé un ancien aérodrome, à Coulommiers. La cité, nous dit le Guide Bleu, "se composait, au Xe siècle, de quelques maisons groupées autour d'un château-fort". Suite aux combats du premier conflit mondial, la ville est décorée de la croix de guerre. Mais c'est un fromage qui fait sa renommée internationale: "Coulommiers fait un commerce considérable de fromages de Brie d'une forme et d'une qualité spéciales, dits coulommiers". La RN34 poursuit son chemin en remontant sur un plateau. On entrevoit là les étendues infinies du pays briard qui s'allongent jusqu'aux portes de l'Est. Pour un peu, la voiture s'ennuierait déjà!! Le voyageur inspiré, nous glisse le Guide Bleu 1928, ferait bien de prendre "l'agréable route qui remonte la vallée du Grand-Morin" (auj. D66, D46). Nous voilà au 73e kilomètre. La Ferté-Gaucher se profile à l'horizon. Là encore, "le Grand-Morin y actionne de grands moulins". Ceux-ci manquent à la vue du voyageur de ce début de XXIe siècle. Le bourg est désormais assoupi autour de ses deux routes principales. Les lignes droites s'enchaînent. C'est là que la route s'extirpe de l'Ile-de-France. Nous pénétrons dans la Marne. Au km 94, Esternay "au fond d'une cuvette" est le signal de la fin de la RN34 en 1959. Il n'en a pas toujours été ainsi: une carte Michelin de 1941 prolonge la N34 jusqu'à Vitry-le-François par Sézanne, Fère-Champenoise, Sommesous, ce que confirme encore une ancienne plaque de cocher située à la sortie ouest de Vitry, sur l'actuelle N4. Marc Verney (juin 2007)
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